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 Les mois se sont écoulés [Terminé]
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  • Aïlin Bower
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MessageSujet: Les mois se sont écoulés [Terminé]   Les mois se sont écoulés [Terminé] EmptyVen 17 Avr - 16:50:01

Nous étions en Mai, et il faisait beau. Beau oui, car le Soleil était bien présent, il avait évincé tous les nuages de l'azur, pour luire de son plus bel éclat au dessus de tous. Mais la chaleur n'y était pas, aussi bien dans l'atmosphère que dans le coeur des élèves. Bien sûr, la plupart vivait une vie normale d'adolescent – ou le semblaient – jouant dans le parc ou révisant paisiblement près de la rive du lac, mais l'atmosphère de Poudlard avait tout de même changé. Derrière les rires et les sourires beaucoup semblaient cacher une souffrance fraîche qui avait bouleversé tout leur être, malgré leurs efforts pour n'en rien laisser paraître. Le grand jeune homme de bientôt seize ans qui approchait ne faisait pas partit de ceux-là. Il avait le port droit, les traits fixes, et ses yeux bleus qui viraient au gris malgré les lueurs ensoleillées ne laissaient filtrer aucune émotion particulière. Pourtant, malgré le flot d'élèves aux tenues bigarrées, Aïlin avait l'apparence du deuil et de la mort, soigneusement camouflé qu'il était sous sa longue cape de velours noir. Même ses mains étaient gantées pour une raison obscure. Peut-être souffrait-il autant que cet élève qui, à quelques vingtaines de mètres de lui, détournait le regard vers le ciel bleu, l'air soudainement aussi abattu que si la malchance personnifiée venait de lui tomber dessus. Peut-être le cachait-il très bien, ou peut-être avait-il apprit à passer outre. Il paraissait que ce garçon avait vécu beaucoup d'étranges choses... On ne ressortait jamais indemne des épreuves de la vie, et ses étapes métamorphosaient un homme.

La magie avait tout simplement opéré. Aïlin avait profondément changé depuis sa première année. Il était loin derrière lui le petit garçon trop gentil et trop craintif, qui ruminait inlassablement sa lâcheté sans oser rien faire pour s'en débarrasser. Du haut de ses – dans quelques jours – seize ans, Aïlin avait non seulement énormément grandit, mais avait également gagné en assurance et quelque part, en grâce. Loin, le petit garçon, loin l'ado qui se frottait nerveusement la nuque en pâlissant à la moindre gêne. Il se tenait bien et en toute circonstance, il gardait une assurance et un sang-froid qui semblaient inébranlable pour celui qui en faisait les frais.

Depuis qu'il s'était laissé vaincre par Torin, oui, il se voulait des airs de Tour Imprenable. Même Lynn ne le reconnaissait plus, lorsqu'elle le voyait durant les vacances revenir quelques soirs au Manoir. Il voyait très rarement sa soeur depuis qu'elle avait quitté plus ou moins de force l'école. Durant les vacances, Aïlin ne restait plus au manoir familial ou quelques jours seulement, le temps de s'avancer dans ses devoirs d'école ainsi que dans ses révisions, car, rappelons-le, les BUSES arriveraient cette année. Autrement, il avait reprit l'emploi de Torin au Dark Shop, ce dernier refusant de devoir allaiter ses plus jeunes frères sans qu'ils n'agissent en rien sur le maintien de l'actuelle fortune que leur avait légué malgré lui leur père, alors que lui-même travaillait malgré son ô combien chargé emploi du temps de mangemort.
Néanmoins tout cela n'était pas grave, lui ne la reconnaissait plus non plus de toute façon, cette soeur, le peu de temps qu'il passait à la maison. Malgré les sacrifices qu'il avait fait pour lui permettre une vie sans violence elle avait choisit celle platonique de « mère adoptive » au foyer, s'engageant corps et âme dans l'éducation de la petite Léan quand, pour une obscure raison, ça n'était pas Torin qui s'occupait d'elle. Aïlin lui, avait abandonné l'idée. Il ne supportait plus le moindre cri, pas même celui d'un nourrisson, et s'était juré de ne pas tenter d'interférer dans la vie de « celle-ci ». Il en avait trop fait et voilà où il en était à présent.
A décrypter tout seul à l'ombre d'un vieux chêne des runes anciennes sur un vieux parchemin usé. Pas de petite ami, pas d'amis, pas même de camarades, hormis la gentille Emily qui depuis ses premiers pas à Poudlard, avait osé l'approcher et ne l'avait plus vraiment quitté, malgré les violentes rumeurs qui s'étaient répandues à son propos dans toute l'école. Emily avait confiance, elle était bien la seule ! Elle disait le connaître et savoir que derrière la carapace, une créature très douce s'y cachait. « Mais le problème, c'est que blessée, une bête sauvage n'est pas très aimable ! » Riait-elle sans se rendre compte d'à qu'elle point elle touchait juste, et à quel point cela énervait le Serdaigle. Bref, une vie sociale quasi inexistante, pour finalement se retrouver prisonnier de son frère au manoir, à suivre malgré lui la route à laquelle, finalement, il avait été prédestiné malgré tous ses écarts de conduite. Nul doute qu'il finirait mangemort de gré ou de force, même s'il ne pensait toujours pas vraiment comme ses frères, seulement pour avoir voulut permettre une vie libre à Lynn, qui n'avait finalement même pas saisit l'opportunité de prendre son envol. Tout cela était d'un pathétique !
Un ricanement sombre s'échappa de la gorge du jeune homme, et il jeta d'un geste négligent le papier de côté. Tout ça n'avait mené à rien. Devrait-il enfin apprendre l'égoïsme ? C'était peut-être ça, qui lui manquait dans son initiation à l'occlumencie, ça qui ne lui permettait pas de cacher ses pensées à la perfection de nuit comme de jour. Sûrement aurait-il été plus intelligent de l'être, parfois. Et c'est ce que semblait lui souffler le vieux parchemin crypté qui gisait sur l'herbe à travers ses exercices rendus compliqués non pas par leur pratique, mais pas l'intense réflexion que ses énoncés engendraient, avec leurs mille et une métaphores et sous-entendus.

Cela faisait huit mois qu'il travaillait l'occlumencie, déjà. Et il était toujours aussi certain que face à la légilimencie de Torin qui semblait s'améliorer de jour en jour, le plus jeune frère ne pourrait toujours rien. C'était comme toutes les émotions que suscitaient un visage familier, lorsqu'il n'avait plus été observé depuis longtemps. L'esprit de Torin jouait un hôte aussi collant et acharné que celles-ci ! A ce propos, Aïlin ne le savait pas mais cette dernière comparaison arrivait fort à propos...


Dernière édition par Aïlin Bower le Dim 26 Avr - 19:15:05, édité 1 fois
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  • Clarisse McBrien
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MessageSujet: Re: Les mois se sont écoulés [Terminé]   Les mois se sont écoulés [Terminé] EmptyVen 17 Avr - 19:18:13

Le moi de mai avait débuté sur Poudlard, chassant les gros nuages lourds qui encombraient jusque là le ciel et amenant dans son sillon quelques rayons de soleil. La fin de l’année approchait à grand pas, donnant aux uns l’air stressé de ceux qui passent un examen et au contraire à d’autre, l’insouciance de ceux qui se croient déjà en vacances. Clarisse quant à elle était plus calme et posée que jamais. Elle avait enfin réussit à surmonter sa grosse crise et déprime, elle avait tiré en quelque sorte un trait sur ses quatre premières années à Poudlard, délaissant ce qui avait été pendant longtemps son « groupe d’amis » et commençant même à fréquenter de nouvelles personnes. Des gens biens, qui ne la jugeaient pas et avec qui elle se sentait à sa place. Comble de l’ironie, deux d’entre ces élèves étaient des Poufsouffles, race autrefois haïe par la jolie Serdaigle. Comme quoi, elle avait bien changé, n’ayant plus d’à priori sur quiconque. Pas bien sûr que la rousse en ait eu beaucoup mais il était vrai que jusqu’à cette année-là, elle ne portait pas les blaireaux dans son cœur.

Enfin bref. Toujours était-il qu’en ce jour de mai, la jeune fille qui était las de l’ambiance terne de la salle commune avait décidé de descendre réviser dans le parc, emportant ses livres sous le bras, une plume, de l’encre et un rouleau de parchemin pour prendre quelques notes, au cas ou. Elle n’avait pas d’examen particulier à préparer pour son passage en année supérieure et d’ailleurs, l’Ecossaise était assurée de ne pas redoubler. Enfin toujours était-il qu’ils allaient tout de même être interroger de façon plus approfondie sur le programme, en guise d’entraînement aux B.U.S.E.S. Et puis, en allant étudier au grand air, la bleue et bronze espérait aussi croiser ses nouveaux amis. Nils par exemple traînait souvent du côté du lac, il aimait bien jouer de la flûte à cet endroit et Clarisse l’appréciait suffisamment pour désirer sa compagnie quelques instants. Pissenlit de son côté ne tenait jamais en place et il n’était pas rare de la croiser sautillante dans le parc, jamais à cours d’idées. Et puis June ne supportait pas la salle commune des Poufsouffles, à cause de ses fausses fenêtres qui lui donnaient le sentiment d’être prisonnière…

Autant de conditions réunies pour pousser les pas de notre chère aiglonne vers l’étendue d’eau paisible qui bordait le grand parc de Poudlard. Avec un peu de chance elle croiserait l’un de ses camarades sus-cités et dans le pire des cas, elle profiterait tout simplement de la brise douce contre son visage, du chant des oiseaux qui se répondaient dans les arbres et de la tiédeur toute relative de ce mois de mai. Comparé aux rudes hivers Ecossais, la température était douce bien qu’au regard d’un autre climat elle aurait pu sembler fraîche. La Serdaigle avançait un pas devant l’autre, sans regarder où elle posait les pieds, comme souvent. D’ailleurs avec tous ses livres dans les bras il lui était difficile de voir où elle allait. Toujours était-il que l’adolescente avait déjà traversé la moitié du parc sans encombre, sans oublier les escaliers qu’elle avait dévalés sans tomber. Pour elle cela relevait quasiment de l’exploit.

Alors qu’elle atteignait enfin l’endroit élu au préalable, un gros rocher dissimulé derrière un gros arbre vieux de plusieurs dizaines d’années si ce n’était pas de plusieurs siècles, la rouquine trébucha sur quelque chose de non identifié et s’étala de tout son long, lâchant livres, plume, encre et parchemin. Un petit gémissement de douleur lui échappa. Il va sans dire que la plume cassa et que la bouteille d’encre se brisa, répandant tout son contenu sur les vêtements de la Serdaigle, un beau chemisier blanc nouvellement envoyé par sa grand-mère, en guise de preuve de son prompt rétablissement. Drôle de cadeau mais que la Serdaigle appréciait grandement, avec ses manches retournables et prolongées par quelques mailles au crochet et sa poche brodée sur la poitrine. Il y en avait aussi sur sa vieille cape bleu-nuit toute râpée, et sur… sur du tissu en velours noir… Etrange, la jeune fille ne se souvenait pas avoir enfilé un vêtement en velours… et puis… c’était quoi ce truc sous son dos là ? Comme une barre qui lui enfonçait la colonne vertébrale…

Lentement, Clarisse se redressa. Elle n’avait pas besoin de jeter un coup d’œil à ses vêtements pour savoir dans quel état ils se trouvaient, ni d’un miroir pour deviner que l’encre avait aussi atteint son visage. Ses cheveux, plus longs que jamais masquaient à son regard de glace l’objet sur lequel elle avait trébuché. Enfin…. L’objet… ça ressemblait plus à une personne qu’à un objet à la vérité. Et lorsqu’elle repoussa de la main les mèches rebelles pour les amener derrière ses oreilles, son cœur rata un battement. Au lieu de rougir comme autrefois, ses joues pâlirent à la vitesse de l’éclair, comme si elle avait vu un fantôme. Non, pire que ça.

Elle resta un instant muette, trop sonnée pour articuler la moindre parole. Non, ce n’était pas possible. La Serdaigle venait de trébucher sur… sur…sur Aïlin Bower, le beau brun d’un an son aîné dont elle avait été très amoureuse et qui l’avait plaquée… sans état d’âme. Celui-là même qui lui avait brisé le cœur, celui-là même qu’elle avait évité soigneusement et plutôt avec succès tout au long de l’année. Dire qu’il était un fantôme sorti de son passé et venu la hanter n’était pas une image. Elle était à la fois terrorisée, horrifiée, et .. quelque chose d’autre qu’elle n’arrivait pas à identifier. La situation était bien trop humiliante pour que Clarisse ne trouve quelque chose à dire. Tomber, au sens propre du terme sur le type qui vous a largué n’était pas la meilleure chose qui puisse vous arriver… et la serdaigle qui s’était appliquée à l’oublier ne savait pas comment réagir.

Elle se releva néanmoins de son mieux et fit un pas en arrière avant d’enfin arriver à bredouiller quelque chose.

_ Je..euh… désolée.. j’ai trébuché…

Avisant sa cape toute sale à cause de l’encre, elle sortit maladroitement sa baguette, qui par chance était intacte.

_ Je.. je vais tout arranger…

Sans laisser le temps au garçon de dire ou faire quoi que ce soit, elle la pointa sur la cape du garçon.

_ Récurvite !

Un rayon de lumière jaillit de la baguette et alla frapper le vêtement à l’endroit de la tâche, lui rendant toute sa splendeur et sa propreté. La rousse, le regard rivé sur la cape resta immobile, bras ballants, ne sachant pas quoi ajouter. Elle n’était pas certaine de vouloir lui parler mais d’un autre côté, des questions sans réponses trottaient dans sa cervelle de piaf depuis trop longtemps. Et puis, comment devait-elle l’aborder ?
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  • Aïlin Bower
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MessageSujet: Re: Les mois se sont écoulés [Terminé]   Les mois se sont écoulés [Terminé] EmptyVen 17 Avr - 23:12:51

Huit mois... Ces huit mois lui avaient semblé une éternité, malgré les nombreuses occupations qui s'étalaient tout au long de son emploi du temps. Pendant ses huit mois, il était passé de simple étudiant à apprenti ensorcelleur au Dark Shop, il avait cumulé sur la quasi totalité de son bulletin de note des Optimals, ses BUSEs étaient certainement réussites d'avance même s'il ne prenait pas la peine de réviser, mais malgré tout ça, il avait eu l'impression de ne pas avancer d'un pas dans l'occlumencie. Était-ce l'égoïsme qui lui manquait, ou simplement, naturellement, le manque de connaissances qu'il avait à propos de lui-même ? Peut-être qu'une introspection... Non. Aïlin l'avait déjà fait. Les ombres du passé avait été balayées et les décisions prises. Il savait aujourd'hui de quoi il était capable, comme de ramener des résultats presque aussi parfaits que ceux que Torin avait rendu lors de sa scolarité à Poudlard, ou encore d'avoir un art de la diplomatie tel qu'il parvenait encore à rester à sa place au manoir, malgré l'insupportabilité d'Ultan. Il se connaissait, parfaitement. Ses défauts comme ses qualités, qu'ils savaient plutôt regroupées vers l'intellect que vers la sociabilité et la vie de groupe, preuve en était par sa transparence au château. Aïlin était convaincu qu'il n'arriverait jamais à rien de ce côté là, et que le « coup de pouce » de son père, lorsqu'il lui avait infligé l'imperium, n'avait fait que détruire plus vite ce qu'il aurait détruit tout seul. Que vouliez-vous, c'était dans ses gènes, avec la famille dont il était affublé... La famille, et le mauvais sort...
C'était du moins ce que corrigea son esprit, quand, alors qu'il tournait la tête et penchait la main pour récupérer le parchemin qu'il avait tantôt négligé, une masse bleue s'écrasa en trébuchant sur ses pieds, renversant avec elle tout un tas de livres et d'ustensiles qui chutèrent et se brisèrent dans un véritable vacarme. Si Aïlin n'avait pas eu le temps de voir l'imbécile qui avait crut bon de venir marcher dans sa cape, il avait eu l'occasion de se retirer in extremis pour se protéger de la chute de livres qui aurait été à deux doigts de lui tomber sur le crâne. Malheureusement, il n'avait pas vraiment put se relever et s'éloigner du désastre, le maladroit ayant malencontreusement atterrit sur un pan de sa robe. Oui, le sort s'acharnait, Aïlin en avait plus que la croyance mais la conviction. Il avait toujours fallut, dans sa scolarité, que tout le monde lui tombe dessus au sens propre du terme ! Une porte envoyée à pleine vitesse en plein sur son visage par William Craig, une première année qui avait manqué de faire s'écrouler, comme à présent, une colonne de livres sur ses pieds, il en passait et des meilleures ! A cette époque, le jeune Serdaigle avait toujours sut garder son sang-froid plutôt que de céder à une parfois ô combien excusable colère, mais l'époque n'était plus la même, lui non plus. Il ne se précipita pas pour relever ce qui se révélait être une jeune fille rousse, ni pour rassembler ses affaires éparpillées et réparer le flacon d'encre brisé qui répandait son flot noir en direction de la « gisante » et de... Sa robe qu'il avait lui-même payé une fortune !
Un rictus peut engageant plia sa bouche, enlaidissant ses traits habituellement neutres, et l'exaspéré tira sur sa cape pour tenter de la soustraire à la marée d'encre montante, sans faire attention à la demoiselle. C'est seulement lorsque celle-ci se releva que tout l'agacement du sorcier se figea, en même temps que lui-même, en même temps que son coeur. Clarisse ! Une Clarisse grandie d'une année, une Clarisse plus jolie malgré le barbouillage d'encre improvisé et la soudaine pâleur de son visage, qui lui faisait ressembler à un dalmatien à l'étrange crinière cuivrée. Le Serdaigle avait certainement lui aussi dû voir son teint perdre deux tons de couleur. Clarisse, celle qu'il avait crut, à l'époque où il s'était crut une certaine liberté, pouvoir aimer, puis celle qu'il avait laissé tomber sans aucune explication peu après un bal de Poudlard, pour son bien, certes, mais d'une façon dont il n'avait put s'empêcher de se sentir coupable.
Depuis, il l'avait soigneusement évité, chose qui n'était pas forcément aisé lorsque l'on partageait la même maison et de ce fait, la même salle commune, mais Aïlin ayant renoncé à s'y attarder depuis longtemps, et Clarisse s'étant, le supposait-il, évertué à la même chose que lui, l'exercice avait été jusqu'alors réalisable... Le temps qu'il se trouve une excuse, qu'il s'excuse ! Le temps qu'il finisse par l'oublier... Mais voilà, face à lui, cette fille grandie qui venait de lui rappeler ce pourquoi il avait été si sensible venait de lui faire ressentir un drôle de sentiment qui crispa ses membres. Rien de semblable à ce qu'il avait put vivre auprès d'elle, lorsqu'ils avaient... Non, rien de semblable, néanmoins, un il ne savait quoi... Comme du regret, peut-être. Mais regret de quoi, Aïlin donnait sa langue au chat.

Il avait été tant obnubilé par l'apparition quasi miraculeuse de Clarisse face à lui – car il s'était toujours dit, lorsqu'il lui arrivait encore d'y repenser, que même s'il cherchait à refaire surface devant elle, ne serait-ce que pour lui donner un semblant d'explication, il se serait bien trouvé incapable de dénicher la jolie rousse – qu'il en avait oublié la raison pour laquelle un éclair d'irritation l'avait transpercé. Clarisse non, et avant qu'il n'ait eu le temps de réagir et d'adopter un comportement acceptable (bien qu'il ignorait tout bonnement quel comportement serait acceptable, dans cette situation), elle avait lancé un récurvite à sa cape, qui perdit la moindre trace de tâche et d'humidité, sans avoir manqué de s'excuser auparavant.
Piteux, Aïlin ne put que se contenter de lui rétorquer un faible :


« Je te remercie. »
Et le silence retomba, pesant lourdement sur les épaules des deux adolescents. Que pouvait-il lui dire d'autre ? Aïlin ne savait pas s'il préférait la voir partir au plus vite, ou s'il avait envie qu'elle... reste encore un peu ? Seulement... seulement pour qu'il puisse lui expliquer la raison de son acte, seulement pour qu'après cette année de silence, elle sache qu'il ne s'était pas comporté avec elle parce que toutes les horreurs qu'on lui prêtait était vraies. Mais qu'aurait-il put lui expliquer, de toute façon ?
« Excuse-moi de m'être comporté avec la délicatesse du dernier des imbéciles, je voulais te protéger d'Ultan et de mon frère mangemort qui n'aurait pas hésité à te transformer en purée pour nourrisson si j'avais eu le malheur dans un futur plus ou moins proche de lui désobéir ! Et en plus, fréquenter un mec qui a tué son père, ça fait un peu tâche dans le parcours scolaire ! »
Non, définitivement non, il ne pouvait absolument rien dire de tel, ni quoi que se soit qui puisse s'en rapprocher. Alors, décidant de gagner du temps, Aïlin sortit sa baguette en bouleau et la pointa en direction des objets brisés dans l'herbe.


« Reparo. »
Prononça-t-il calmement, avant d'éprouver un faible pincement au coeur au souvenir du jour où il avait apprit ce même sort à Clarisse. Il n'en laissa cependant rien paraître. Le passé était le passé et aujourd'hui, il se devait d'assumer la scène pour le moins surréaliste qui était en train de se produire.
« C'est moi qui suis navré. »
D'un coup de baguette et d'un sortilège à peine murmuré, il envoya les affaires de Clarisse se ranger d'elles-mêmes en une pile parfaite.
« Je comprendrais que tu ne veuilles pas t'attarder. J'ai été envers toi l'incarnation exacte de tous les défauts que l'on m'a prêté cette année là. »
Mais il était trop tard pour s'excuser, et le Serdaigle ne voulait le faire. Il s'y était mal prit, certes, mais sa décision avait épargné bien des maux futurs à Clarisse. Comment aurait-il put s'excuser de cela ? Certes, la rouquine n'en avait pas la moindre idée, mais cela ne changeait rien aux faits.
Quelle situation pénible ! Ce qu'Aïlin aurait certainement donné, pour pouvoir s'y soustraire et ne plus voir l'expression quasi-cadavérique de la jeune McBrien...! Mais en même temps, la nostalgie avait frappé, et Aïlin n'était plus très sûr de ce qu'il désirait.
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  • Clarisse McBrien
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MessageSujet: Re: Les mois se sont écoulés [Terminé]   Les mois se sont écoulés [Terminé] EmptySam 18 Avr - 9:43:03

_Je te remercie.

Elle hésita un instant puis toujours sans le regarder, ajouta à toute vitesse la formule de politesse banale attendue dans ce genre de situation.

_ C’est…normal…

Le silence s’installa entre les deux Serdaigles. Clarisse ne savait pas trop quoi dire de plus même si elle avait le sentiment que quelque chose devait être ajouté. Ça n’allait quand même pas finir comme ça ? Un simple merci et ils se quitteraient comme deux inconnus. Ne croyez pas qu’elle attendait des fleurs pour avoir nettoyé la cape de son camarade. Non, loin de là. Elle pensait simplement qu’après tout ce temps, ils pouvaient peut être échanger quelques paroles sans s’agresser mutuellement. Bien sûr ça n’avait jamais été le cas entre eux, à part le jour où Aïlin l’avait larguée, elle ne se souvenait pas qu’il ait eu des paroles méchantes à son encontre, du moins pas volontairement. Mais ce temps était révolu et la jeune fille après ces huit mois avait fini par accepter le fait que le garçon ne l’aimait plus, par accepter qu’il ne veuille plus la voir. Dans un premier temps, elle n’avait pas non plus souhaité sa présence, tentant de le détester en croyant que ça atténuerait sa peine, jusqu’à ce qu’elle se rende compte que ça ne servait à rien. Premièrement, détester Aïlin était au-dessus de ses maigres forces, et deuxièmement ça lui faisait plus de mal que de bien. Elle avait donc fini par accepter tout ça tel quel et sa blessure avait commencé à se refermer, doucement.

A ce jour elle n’était pas complètement cicatrisée, et elle ne le serait probablement jamais, mais l’Ecossaise avait repris le dessus et arrivait de nouveau à entretenir quelques relations sociales purement amicales après s’être coupée de tous. La réaction pouvait être jugée excessive par les observateurs externes, cependant, la rousse n’avait trouvé aucun autre moyen pour faire passer sa peine…
Aïlin qui s’était tu et était resté immobile jusque là sembla reprendre vie. Il sortit sa baguette et lança un reparo impeccablement maîtrisé sur les affaires de la rousse. Une pointe de nostalgie vrilla son cœur de moineau en l’entendant. C’était lui qui lui avait appris ce sortilège…


_ Merci mais j’aurais pu le faire.

Sa voix n’était en rien agressive, ni triste, elle était simplement neutre. Elle renvoyait à cet instant la pâle image qui avait été sienne pendant ces huit mois, celle d’une fille que rien n’atteint. Le masque qu’elle avait quitté voilà plus d’un mois dans la tour d’astronomie était revenu se greffer à son visage sans qu’elle ne le sente venir. Difficile d’être soi-même lorsque l’on ne savait plus très bien qui l’on était. Cette rencontre avec le jeune Bower la bouleversait plus qu’elle n’osait se l’avouer. Peut être était-ce trop tôt…

_ Tu n’as pas à être navré. C’est moi qui suis maladroite et qui ne regardais pas où j’allais. Ce défaut ne m’a malheureusement pas abandonnée…

L’aiglonne qui à la base prononçait ces paroles pour déculpabiliser le jeune homme se rendit compte mais un peu tard du double sens que pouvaient prendre ses derniers mots. Le sous-entendu n’avait pas été volontaire. Légèrement horrifiée par ce qu’elle venait de dire, la couleur de ses joues reperdit encore une teinte. Elle était vraiment maladroite et se maudit intérieurement pour ça, espérant néanmoins que le garçon ne verrait pas d’attaque personnelle là où il n’y en avait pas. Finalement, elle releva la tête et planta son regard clair dans celui du garçon. Il n’exprimait rien, lui aussi dissimulé sous le masque.

_ Ce n’est pas ce que je voulais dire…

Un masque qu’elle avait édifié pour se protéger des autres et cacher ses sentiments qui la rendaient à ses yeux trop vulnérable. En attendant, Aïlin pouvait imaginer toutes sortes de choses sur son compte que rien ne viendrait démentir dans son comportement. Elle le détailla un instant, constatant en premier lieu une allure générale soignée et semblait-il très étudiée. Les traits du jeune homme s’étaient affinés, il avait grandi, ses épaules s’étaient élargies, il avait gagné en musculature et aussi en assurance. Sa présence ne passait pas inaperçue, digne, froid et lointain il imposait le respect par son port fier et distingué. Le jeune homme qui se tenait devant elle n’avait presque plus aucune commune mesure avec celui qu’elle avait rencontré en salle des bains, et avec qui elle avait partagé des moments à ses yeux fabuleux. Une drôle de grimace déformait son visage et ses traits harmonieux, comme s’il avait lui aussi rencontré un fantôme, ce qui donna l’idée à la Clarisse de l’image qu’elle pouvait renvoyer, l’encre en plus. Farfouillant dans une de ses poches, elle en sortit un petit mouchoir blanc en tissu et tenta d’éponger le désagréable liquide noir qui gouttait sous son menton.

_Je comprendrais que tu ne veuilles pas t'attarder. J'ai été envers toi l'incarnation exacte de tous les défauts que l'on m'a prêté cette année là.

Rangeant le morceau de tissu à présent complètement imbibé, elle grimaça intérieurement. A ses oreilles, la phrase que venait de prononcer le garçon résonnait comme une invitation à s’en aller. Ils n’avaient rien à se dire, elle n’avait rien à faire ici et elle le dérangeait, chose dont elle était bien consciente. Alors ça allait finir comme ça, sans un mot de plus, sur des non-dits qui reviendraient toute sa vie la torturer. La rousse n’hésita qu’un bref instant. Elle ne souhaitait pas imposer sa présence ni même embêter Aïlin plus que ça mais elle avait besoin de réponses. Alors tant pis si ça plaie se rouvrait et la faisait souffrir de nouveau un bref instant. Tant pis si elle se condamnait à passer la semaine suivante perchée dans la tour d’astronomie, tandis que le vent balayerait ses larmes. Elle avait rayé le jeune homme de sa vie, certes, mais un chapitre du livre était incomplet, le moment semblait venu d’y mettre un dernier point. Bien qu’étrangement cette idée lui donne un pincement au cœur.
De nouveau elle le regarda droit dans les yeux, n’exprimant ni tristesse, ni peine, ni joie, ni méchanceté.


_ Ne t’inquiète pas, je n’ai pas l’intention de te déranger plus que ça. Mais puisque je suis là, sans avoir cherché à te rencontrer et puisque de toute évidence je t’ai déjà interrompu, autant en profiter.

Elle s’arrêta un instant.

_ Pourquoi, Aïlin ?

Une partie de son cerveau lui hurla de s’enfuir en courant. Elle n’avait tout de même pas fait ça ?! L’autre partie l’encourageait à rester calme, même si en prononçant le prénom du serdaigle sa voix avait très légèrement tremblée. Elle ne voulait pas qu’il la plaigne ou je ne sais quoi d’autre, elle voulait simplement comprendre pour clore le chapitre. De toute façon, il ne l’aimait plus depuis longtemps, il était parfaitement inutile d’espérer quoi que ce fut. Et puis, elle était passée à autre chose n’est-ce pas ?! En attendant une réponse du garçon, elle se répéta inlassablement cette phrase, comme pour s’en persuader elle-même…
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  • Aïlin Bower
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MessageSujet: Re: Les mois se sont écoulés [Terminé]   Les mois se sont écoulés [Terminé] EmptySam 18 Avr - 14:08:57

L'intelligence et l'esprit d'analyse perpétuel du jeune homme avaient immédiatement saisit le double-sens dans les propos de Clarisse et ses yeux s'agrandirent l'espace d'une fraction de seconde, puis, plus aucun mouvement ne laissa transparaître le choc que ça avait été. Clarisse aurait-elle été capable de dire une chose pareille ? Certes, il le méritait plus ou moins et il n'aurait pas put nier la véracité de tels propos, mais... Peut-être avait-elle mal comprit pourquoi il se disait navré, et la jeune fille n'avait alors pas voulut prononcer des paroles blessantes. Comme il connaissait Clarisse, ça ne l'aurait pas étonné, mais le doute persista jusqu'à ce qu'elle lui dise, saisissant à son tour l'insulte, qu'elle n'avait pas voulut dire une chose pareille. Aïlin détourna le regard quelque part vers la gauche et acquiesça lentement, sans un mot. Il n'en restait pas moins prit au dépourvu, bien qu'il n'en laissait rien paraître. Sa longue baguette aux gravillons d'ambre jaune incrustés pendait le long de sa cape, oubliée, quand il reposa un regard dénué d'expression sur l'adolescente. Il comprendrait qu'elle veuille s'en aller. Lui non plus, n'avait pas fait dans la finesse en prononçant ses mots, mais il ne s'en aperçut que lorsqu'il constata l'ombre que ces mots avaient fait naître dans les yeux bleus de la Serdaigle.
Trop tard pour les rattraper, et il ne souhaitait pas l'inviter implicitement à rester en tentant de la détourner de l'interprétation glaciale qu'elle s'en était faite. Aïlin ne voulait plus passer pour le petit jeune homme maladroit qu'il avait été, il ne comptait pas non plus lui courir après. Elle ferait son choix, comme la grande fille qu'elle était devenue, il n'en attendrait pas moins. Et si elle s'en allait, cela signifierait qu'il n'avait pas à regretter un mauvais geste du passé, et qu'il pourrait, comme elle, oublier définitivement.
Mais Clarisse ne s'en alla pas. Non, elle saisissait clairement et simplement l'occasion qui venait de lui être donnée par Merlin savait qui. Derrière des joues et un menton encore tâchés d'encre, elle était la plus sérieuse du monde et lui derrière sa rigidité était soufflé par les changements qu'il constatait dans le caractère de la jeune fille. A l'époque où il l'avait rencontré, jamais il ne l'aurait imaginé capable de parler ainsi, elle qui avait plutôt tendance à rougir, si ça n'était à bafouiller en se laissant submerger par la timidité. Quelque part, il la préférait comme cela... Se laissa-t-il aller à penser, oubliant par la même occasion la mauvaise posture dans laquelle il se trouvait. Mauvaise posture qui lui fut très vite rappelée, par un « pourquoi », qui manqua de faire reculer d'un pas un Bower jusqu'alors assuré – d'apparence, du moins.

Son esprit se mit à travailler à toute allure, tandis qu'il se mettait à tapoter d'un geste qui aurait put paraître anodin sa baguette contre l'endroit où devait se trouvait sa jambe derrière son long vêtement de velours.
Aïlin poussa un soupir en se remémorant ce qu'il avait dit ce jour là à Clarisse. Ca avait été un vrai baratin. Quelque chose comme : « Je ne te mérite pas », ou encore « nous sommes trop différents, à terme, je ne voudrais pas te faire du mal » que de paroles stupides dont il avait eu si honte qu'il avait tenté de les oublier, toutes. Mais certaines – et les plus stupides, comme par hasard – persistaient à rester gravées dans sa mémoire. Aujourd'hui, qu'est-ce qu'une fille qui savait avoir été menée en bateau aurait-elle envie d'entendre, lorsqu'elle se retrouvait face à celui qui l'avait blessé ? La réponse qui venait le plus naturellement était la vérité... Mais la vérité était bien trop grave pour pouvoir être dite ainsi, à... Oui, à n'importe qui. Après tout, la miss McBrien n'était pas une élève « comme les autres » ? Elle comme n'importe qui serait effrayé par les mots qu'il aurait à prononcer s'il cédait à son exigence de lui expliquer le pourquoi du comment. Qui savait si elle n'irait pas directement l'accuser devant Dumbledore, et là, Bower n'aurait plus le droit qu'à un allé simple en direction d'Azkaban. Car une vérité en entraînait souvent une autre... Surtout lorsque la confidence était arrachée de force...!
Il aurait put lui répéter la même chose que ce qu'il lui avait déjà dit, mais ça aurait été une insulte à son intelligence ainsi qu'à la sienne propre, en même temps qu'une atteinte à sa fierté. Il s'était promis, que, quoi qu'il arrive, quelques excuses qu'il doive un jour trouver, il ne répéterait pas ces stupides paroles.
Lui restait encore une dernière solution, lui dire ce qu'elle voulait entendre, comme aux autres. Pas la vérité pure et dure, mais une explication qui saurait tirer sur les cordes sensibles de sa personnalité. Néanmoins, une difficulté s'ajoutait à cet exercice : Clarisse avait changé, le temps s'était largement écoulé sans qu'il ne se soit revus. Comment pouvait-il être certain de pouvoir trouver les mots qui la toucherait ? Et... Dans le fond, il se serait sentit coupable de faire cela. Clarisse souhaitait certainement clore un passage, lui mentir ne lui permettrait pas de le faire, à elle comme à lui.


« Que veux-tu entendre, Clarisse ? La vérité ? Toute vérité n'est pas bonne à entendre, et tu ignores tout ce que celle que tu me demande engage. »

Ses paroles étaient dures, froides car le jeune Bower n'avait pas cherché à placer une once de chaleur en dedans. Il ne voulait pas, il s'était refuser à lui mentir, et il commençait par ne pas chercher à la manipuler en nuançant sa réponse et l'intonation de sa voix. Si elle voulait entendre la vérité, il devait l'y préparer, pas lui couler du miel le long du dos.


« Te souviens-tu de l'année dernière ? De ce que je t'ai dit dans la tour des Serdaigle ? Je pense que tu t'en souviens très bien, réfléchis et dis-moi ce que tu en penses. Sincèrement. »

Aïlin se sentait dur, un peu abrupt, mais quelque chose venait de changer dans son approche de la situation. Il se sentait soudainement plus fort, à nouveau sûr de lui. Savait-il encore ce qu'il allait dire ? Pas réellement, mais il avait une idée de la façon dont il souhaitait faire tourner les choses. Lentement, comme s'il avait soudainement tout le reste de la soirée devant lui, il se rapprocha de Clarisse pour se planter devant elle et la regarder un instant dans les yeux. Puis, sans la toucher, ne l'invitant qu'en laissant signifier, par la lenteur de ses pas, qu'il attendait une réponse et ne souhaitait pas s'échapper, il s'avança vers le lac profond et calme, où flottait une énorme tentacule du calmar géant.
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MessageSujet: Re: Les mois se sont écoulés [Terminé]   Les mois se sont écoulés [Terminé] EmptySam 18 Avr - 15:32:31

Pourquoi. Une question comme tout assez simple à comprendre et qui pouvait pourtant entraîner une réponse compliquée. Oh oui, pourquoi l’avait-il abandonnée de la sorte, la laissant comme une vieille chaussette. Clarisse voulait savoir à présent. Sur le moment, elle avait été trop choquée pour entendre les explications du jeune homme, la seule chose que son cerveau tentait d’intégrer avec difficulté c’est que c’était terminé. Ce qui s’était passé ensuite restait vague dans sa mémoire, elle avait fuit, loin dans son imaginaire, elle s’était réfugiée dans un monde peuplé de songes où tout est irréel, où tout est dirigé par son inconscient. Par la suite, elle avait redécouvert dans les méandres de son esprit les paroles prononcées par le beau brun. Elle n’avait pas compris. Bien sûr, elle savait que la famille Bower était pour le moins complexe, que Lynn avait dû fuir un père violent qui la battait sans raison et lui faisait subir plus encore que la Serdaigle n’avait osé imaginer. Elle savait que l’aîné n’était pas des plus commodes et que le second, Ultan était un être violent. Pour preuve, il avait cassé la baguette de William Craig, dans un accès de rage lorsqu’il avait appris que le rouge et or tournait autour de sa sœur.

Aïlin à cette époque était partagé entre deux feux, entre sa petite sœur qu’il aimait plus que tout et tentait de protéger de son mieux et son père et ses aînés qui le tiraient du côté obscur de la force. Clarisse ne connaissait pas les détails les plus sanglants de cette sordide affaire mais toujours était-il que Monsieur Bower père avait malencontreusement trouvé la mort. On aurait pu penser à un réel soulagement et pourtant, la fragile Lynn avait depuis disparu de la circulation. Certains la disaient morte elle aussi, d’autres affirmaient qu’elle s’occupait de la maison et élevait sa petite sœur. La bleue et bronze pour sa part ne croyait rien et c’est à peine si elle avait remarqué la disparition de sa camarade Gryffondor. La seule chose qu’elle savait, c’est qu’Aïlin était quelqu’un de bien, même s’il agissait parfois de façon étrange. Mais je tiens à préciser que chez la rousse, la notion du bien est quelque peu différente que celle qu’en aurait donné n’importe qui d’équilibré. Pour vous donner un exemple, savoir que son oncle était mangemort et avait tué des tas de gens ne la dérangeait pas, cet homme était bon avec elle, et c’était tout ce qui comptait..


_Que veux-tu entendre, Clarisse ? La vérité ? Toute vérité n'est pas bonne à entendre, et tu ignores tout ce que celle que tu me demande engage.

Le jeune homme avant de répondre avait laissé planer un silence. Il avait probablement été pris au dépourvu, que ne l’aurait pas été ?! Clarisse avait changé, elle avait compris beaucoup de choses et notamment qu’il ne servait à rien de fuir la réalité, elle vous rattrape toujours à un moment ou à un autre et surtout fuir est dangereux, elle en avait fait l’expérience peu de temps auparavant. Aïlin n’était plus le même non plus, il avait l’air moins soucieux, lui qui autrefois s’inquiétait perpétuellement pour sa sœur et beaucoup plus sûr de lui. Ça lui donnait une certaine classe qui n’était pas pour déplaire à l’Ecossaise bien qu’elle s’interdise mentalement d’y songer. Elle se reconcentra sur leur étrange conversation.

_ La vérité oui. Tôt ou tard elle vous rattrape, je préférerais tôt que tard. Peu importe ce que ça engage, je ne suis pas si faible que tu veux bien le croire. Mais si tu souhaites rester muet c’est ton droit, saches seulement que ce ne serait profitable ni pour moi ni pour toi.

De nouveau elle se tut. Elle s’impressionnait elle-même. La quatrième année ne se savait pas à se point maîtresse d’elle-même. Jamais elle n’aurait imaginé tenir ce genre de propos. La froideur des paroles du brun aidant, elle gardait son calme et refoulait ses bégaiements. Un immense progrès si l’on considérait l’état déplorable dans lequel elle était arrivée à Poudlard, bafouillant sur tous les mots, rougissant à la moindre parole. Cette habitude, indépendante d’elle, n’était pas enfuie totalement, bien évidemment, il lui arrivait encore fréquemment de rougir en cours ou bien de bégayer, mais ces accès de timidité devenaient fort heureusement de plus en plus rares. Pour l’heure, elle se maîtrisait plutôt bien quoi que la situation soit inconfortable. La vie n’est hélas pas uniquement faite de choses agréables et il était inutile de repousser les épreuves puisqu’on devait les passer, un jour ou l’autre. Car parler de ce sujet avec Aïlin était une petite épreuve, imaginez-vous un instant à sa place. Ce n’était pas aisé et encore moins gagné. Elle ignorait s’il allait lui mentir, la berner ou au contraire être franc ou s’il refuserait tout simplement de s’exprimer sur la question.

_Te souviens-tu de l'année dernière ? De ce que je t'ai dit dans la tour des Serdaigle ? Je pense que tu t'en souviens très bien, réfléchis et dis-moi ce que tu en penses. Sincèrement.

Ce qu’il lui avait dit l’année précédente… elle ne risquait pas d’oublier, quand bien même elle l’aurait souhaité. Mais c’était resté à ses yeux un drôle de discours tout emmêlé. Pendant ses nuits d’insomnie, l’aiglonne avait parfois tenté de démêlé les fils de cette tirade, sans parvenir jamais à un résultat concluant. Elle avait fini par abandonner, trouvant une autre occupation pour ses heures de veille. Quelque chose qui lui faisait moins penser au jeune homme. Le jeune Bower d’approcha d’elle, lentement, et Clarisse se demandait bien ce qu’il allait faire. Ça faisait une éternité qu’elle ne s’était pas trouvée aussi proche de lui et elle ne put empêcher son cœur de rater un nouveau battement. Si ça continuait, elle allait finir par avoir une crise cardiaque cet après-midi. Cependant, ses joues gardèrent leur teinte pâle et ne s’enflammèrent pas comme elles l’avaient souvent fait. Il s’éloigna à pas lent en direction du lac. La rousse le regarda, éberluée l’espace de quelques secondes, puis se décida à le suivre, abandonnant là ses affaires sans un regard et prenant seulement conscience qu’elle tenait toujours fermement sa baguette dans la main, elle la rangea dans sa poche. Parvenue à hauteur de l’aiglon, et le regard tout d’abord perdu sur l’étendue d’eau paisible, elle répondit à son étrange question.

_ Je n’ai pas oublié. Même si je l’avais souhaité, j’en aurais été incapable. Tu as parlé de me protéger, que ce serait plus prudent pour ma propre sécurité, et d’autres choses dans ce goût là.

Se tournant à demi, elle fit face au jeune homme, apercevant du coin de l’œil le tentacule du calamar géant, sans pour autant le remarquer. En d’autres circonstances, elle aurait prêté attention à la grosse ride qui barrait le lac, et ondulait légèrement. En d’autres circonstances.

_ Je n’ai pas besoin qu’on me protège Aïlin. La vie est comme elle est et tu n’avais pas à te sentir responsable de moi. Ne te méprends pas, je ne te juge pas. Tu as certainement agis selon ce que tu pensais être le mieux, je voudrais simplement comprendre et aussi que tu saches que je n’avais ni n’ai pas besoin d’un ange gardien, quoi que tu puisses en penser.

Elle s’interrompit, pas franchement certaine d’avoir été claire. Sa voix était restée calme. Il n’avait pas à se sentir coupable de quoi que ce soit, le passé était passé et elle lui avait pardonné. Etait-ce que qu’il attendait d’elle comme réponse, elle ne savait pas, mais elle ignorait également ce qu’elle aurait pu en dire d’autre. Ne restait qu’à voir ce que lui en penserait, ou du moins ce qu’il répondrait…
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MessageSujet: Re: Les mois se sont écoulés [Terminé]   Les mois se sont écoulés [Terminé] EmptySam 18 Avr - 16:52:52

La réaction de Clarisse impressionna le jeune Bower, qui se mura dans un profond silence tandis qu'elle lui répondait. Il s'était trompé à son propos, comme à propos de beaucoup d'autres certainement : toutes les filles et jeunes femmes n'étaient pas Lynn. Il n'avait pas à toutes les protéger, où à s'accabler de la lourde tâche « d'ange gardien », comme elle l'avait si bien dit. Certes il s'était décidé depuis longtemps à ne plus le faire, mais en ne le faisant plus, il ne s'était borné qu'à des relations très superficielles avec les quelques membres de la gente féminine qu'il lui arrivait de côtoyer. Le pauvre jeune homme ne connaissait rien aux filles, c'était certain, et il était en train de mesurer toute l'ampleur de son ignorance. Elles pouvaient se révéler fortes, capables de se débrouiller par elles-même, et de choisir ce qui étaient bon ou non pour elle. Clarisse avait choisit, elle avait prit sa décision et si Aïlin s'était tourné pour la regarder lorsqu'elle lui parlait, elle aurait certainement vu jaillir au fond de ses yeux métalliques une flammèche d'admiration.
Il avait crut pouvoir rebondir habilement sur les propos qu'il avait prononcé à la tour des Serdaigle, lui expliquer en quelques mots à quel point le discours qu'il avait tenu là et son choix de la quitter étaient liés, mais il avait été prit de vitesse. A présent, Clarisse se tenait face à lui et il lui semblait la voir pour la première fois. Elle était finalement si différente que tout ce qu'il avait imaginé... Un brin de fierté s'alluma en lui, malgré lui, bien qu'il se savait en rien responsable de la métamorphose de la jeune fille. Elle semblait s'être échappée de sa chrysalide pour devenir papillon, or jamais Aïlin n'avait d'autres influences que des néfastes. Il suffisait de voir Lynn, à présent... Elle ressemblait de plus en plus à Bronach, songeait-il, et tout ce qu'ils avaient traversés, vécus ensembles, s'émiettaient irrémédiablement, pour ne se transformer qu'en un tas de saletés qui traînaient à présent sur un sol lisse et propre. Gênantes. Leur relation s'était profondément dégradé, et aucun des deux n'avaient la vraie explication à propos de ce changement si soudain et si profond entre eux.

Aïlin chassa ces mauvaises pensées de son esprit. Là n'était pas le sujet, et ça n'était en rien le moment de laisser ses idées s'entremêler et vagabonder, car la jolie et peinturlurée McBrien attendait une réaction. Et à vrai dire, le jeune Serdaigle ne savait pas quelle réaction avoir, jusqu'à ce qu'il agisse, avec, enfin, naturel. Un maigre sourire arqua ses lèvres. La chose était devenu si rare qu'elle en paraissait presque surnaturelle, tant son visage ne semblait plus habitué à de telles manifestations.

« Tu as raison, je me suis trompé sur toi comme je me suis certainement trompé sur d'autres... J'ai toujours considéré les filles comme des créatures fragiles et sans défense, je crois. Je me suis méprit. »

Il l'a regarda longuement dans les yeux, s'évadant à nouveau dans ses pensées. Était-ce d'ailleurs, vraiment elles, Clarisse, Lynn, qu'il cherchait à protéger. Avant certainement, oui, mais aujourd'hui...? Lui qui s'était fermé comme une rose cherchant à s'épanouir puis qui, se ravisant, s'était close comme pour chercher à retourner à l'état de bourgeon.


« Mais par mon silence et mes mensonges, il n'y a pas eu que toi que j'ai cherché à protéger... Mais moi aussi. »

Son regard parcourut l'horizon. Il y avait encore beaucoup d'élèves autour d'eux, qui ne leur prêtaient d'ailleurs aucune attention, malgré cela une précaution lui vint. Il tendit sa baguette, entama un mouvement complexe et prononça quelques mots latins. Une bulle grise sortit de sa baguette, s'agrandit encore et encore pour les envelopper tous deux. C'était un sortilège qu'il avait apprit par le biais de Torin qu'il l'avait vu de nombreuses fois opérer lorsque ses contacts mangemorts venaient au manoir. Il permettait aux interlocuteurs de protéger leur conversation en la rendant incompréhensible pour une oreille curieuse. Non pas qu'elle n'entendait plus le dialogue, mais parce qu'il l'a rendait insaisissable, comme une langue étrangère ou, plus précisément, comme si plusieurs conversations avaient lieu en même temps, troublant qui voulait se concentrer sur celle-ci en particulier. C'était un sort délicat à réussir, Torin savait l'étendre à une pièce entière, pas le Serdaigle, mais une bulle de quelques mètres était pour l'occasion largement suffisante.

« Je serais autant en danger que toi, si on apprenait que je te disais la vérité. »


Nouveau silence. Que pouvait-il lui dire ? Il ne maitrisait pas encore l'occlumencie, et surtout, malgré ce qu'elle venait de lui dire, il n'était pas encore prêt à se laisser aller à de telles confidences. Peut-être même d'ailleurs ne le serait-il jamais.

« J'ai décidé de te quitter parce que mes fréquentations étaient directement en danger à cause de moi. Parce qu'elles représentaient et représentent toujours une arme que l'on pourrait retourner contre moi. Mon père maltraitait Lynn, et a finit par me maltraiter moi aussi parce que je refusais le chemin qu'il souhaitait me faire suivre. C'était un Sang-Pur, si tu vois ce que j'entends par là. Aujourd'hui, il est mort. »

Et c'était lui qui l'avait tué.
« Mais tout danger n'est pas écarté, parce que je ne suis pas le seul de ses fils. Et l'un d'eux connaît, pour une raison que j'ignore encore, ton nom. »

Un grand malaise s'éprit de lui tout à coup. Il en avait déjà trop dit. Mais ne voulait-elle pas entendre la vérité ? Il venait de la lui souffler, à demi, mais à quel prix pour lui et pour elle, à présent...?

« Je regrette déjà de te laisser entendre ça. Je devrais presque effacer ta mémoire rien que pour cela. Mais je crois que... la décision ne m'appartient plus. C'est à toi de choisir ce que tu veux savoir, pas à moi de te dire ce que tu ne voudrais peut-être pas entendre. »
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MessageSujet: Re: Les mois se sont écoulés [Terminé]   Les mois se sont écoulés [Terminé] EmptySam 18 Avr - 18:32:44

Alors que Clarisse achevait une réponse qu’elle espérait complète, s’interrogeant sur la clarté de ses propos, l’autre Serdaigle restait immobile. La jeune fille se demanda un instant si elle l’avait déstabilisé. Une chose était certaine, le silence qui s’installa à nouveau entre eux témoignait d’une gêne quelconque. Il ne devait pas s’attendre à une telle réponse mais demander la vérité à quelqu’un n’était pas anodin et en retour elle lui devait bien elle aussi la vérité, n’est-ce pas ?! On trouvait toujours plus fort que soit, même le Lord avait été remballé par un minable petit nourrisson et pourtant qui voyait Harry aujourd’hui aurait constaté sans peine qu’il n’était pas invincible. C’était sa légende qui faisait peur et impressionnait tout le monde, mais au fond, c’était un élève comme un autre, pas un héros. Alors non, la rousse n’était pas à l’abri de quoi que ce soit. Elle n’avait pas besoin d’un ange gardien mais elle n’était pas non plus Superman. Si quelqu’un décidait de la supprimer, elle lui opposerait la résistance qu’elle pourrait et s’il parvenait à ses fins, c’est que le moment était venu, point final. Elle ne considérait pas la mort, en tous cas la sienne comme une épreuve. Et d’ailleurs, elle ne voyait pas pourquoi elle pensait soudain à son propre décès.

Aïlin finit par reprendre la parole et avoua de bonne grâce que l’Ecossaise avait raison. Il alla même jusqu’à sourire. Ce n’était pas un grand sourire rayonnant, ça restait une timide manifestation mais Clarisse en fut étrangement touchée. Ce simple sourire donnait à son visage quelque chose de moins impersonnel, d’un peu plus chaleureux mais ne le rendait pas moins beau pour autant. Moins beau… la bleue et bronze devait-elle aussi s’interdire de le trouver beau ? Non après tout, ce n’était pas douloureux ça, des tas de garçons étaient mignons, sauf qu’elle ne les regardait pas, voilà tout. Légèrement gênée, elle détourna les yeux, prétendant avec application admirer le lac, ce qui n’était pas difficile devant la beauté des lieux.

Le brun de son côté continua à son rythme et la rousse lui laissa volontiers la parole, prêt à entendre n’importe quelle vérité. Elle s’était blindée de son mieux, parée à toute éventualité, mais elle restait persuadée d’une chose. Il aurait été beaucoup plus simple pour tous les deux qu’Aïlin avoue simplement qu’il ne l’aimait plus et que c’était là la raison de leur rupture. Beaucoup plus simple. Au lieu de quoi elle avait la vague impression qu’il se cherchait une excuse. Pourtant, il n’y avait pas de honte à ne plus aimer quelqu’un, ça arrivait à tout le monde, un jour ou l’autre et ça ne prévenait pas. Cette idée s’insinua en elle mais fut rapidement réfutée. Elle avait confiance en lui, peut être à tort, l’avenir le dirait, et s’il disait avoir voulu la protéger c’est qu’il le pensait vraiment. Pourquoi se lancer dans une explication compliquée et douloureuse quand on pouvait faire simple, si ce n’est que la facilité n’était pas la vérité ?

Le bleu et bronze agita discrètement sa baguette et prononça quelques paroles à voix basse, que la jeune fille ne saisit pas et une bulle grise les entoura rapidement. Les sens en alerte devant le tournant que prenait la conversation, la jeune fille eut comme un sentiment de déjà vu. Ce comportement, quelqu’un d’autre l’avait tenu en sa compagnie, il y avait déjà un an. Sayannel avait eu le même genre de réflexe lorsqu’il l’avait rencontrée. Les réflexes d’un homme traqué qui devait toujours surveiller ses arrières s’il ne voulait pas être capturé par un auror. Mais la question était de savoir si Aïlin était aussi en danger que ses agissements pouvaient le laisser penser. Clarisse n’était pas idiote. Soit il disait vrai et ces précautions n’étaient pas superflues, soit il voulait juste l’impressionner. La jeune fille pencha instinctivement pour la première option, jugeant néanmoins que le danger que courait Aïlin n’était pas aussi grand que celui qui menaçait son oncle. Elle ne put tout de même retenir un coup d’œil étonné aussi bien qu’impressionné. Le jeune homme s’était perfectionné en sortilèges et en avait appris de nouveaux qui n’étaient pas censés être de son niveau…


_Mais tout danger n'est pas écarté, parce que je ne suis pas le seul de ses fils. Et l'un d'eux connaît, pour une raison que j'ignore encore, ton nom.

Clarisse se raidit imperceptiblement en entendant cette dernière phrase. Elle, elle savait parfaitement, comment un de ses frères pouvait connaître son nom. C’était à la fois un bon et un mauvais souvenir. Bon parce qu’elle avait apprécié sa petite sortie nocturne, l’adrénaline qui était montée en elle au fur et à mesure que ses pas s’éloignaient du château, à mesure qu’elle s’enfonçait dans la forêt interdite. Cette nuit là elle avait enfreint un assez grand nombre de points du règlement, comme ne pas quitter son dortoir après le couvre feu ou encore ne pas pénétrer dans la fameuse forêt qui de par son nom attirait immanquablement les curieux. Au début, elle n’avait pas eu peur du tout, elle avait marché, contente sous les rayons de lune et puis elle avait fait une drôle de rencontre, un homme et une fille qui se disait élève, bien que Clarisse ait découvert par la suite qu’elle était en réalité adulte. Et Rogue, qui était venu les interrompre dans une discussion très intéressante. Bon en vérité, elle avait eu très peur et n’aurait jamais retrouvé seule le chemin du parc dans le professeur de potion. Elle n’en avait pas moins écopé d’une punition et de points en moins…

Devait-elle en parler au jeune Bower ? La rousse n’en avait pas très envie et n’avait jamais prévu de le faire, mais à présent, il lui semblait qu’Aïlin avait lui aussi droit à des réponses, et celle-là, elle était en mesure de lui offrir.


_ Je suppose que tu ne parles pas d’Ultan. En tant qu’élève dans cette école, nous nous croisons en cours et il ne lui serait pas difficile de connaître mon nom pour peu qu’il soit observateur. Je peux t’expliquer la raison…Je.. je ne savais pas que Torin était ton frère, j’ai sûrement été bête mais je n’ai fais le rapprochement entre vous-deux qu’il y a peu de temps, quelques mois…C’était il y a deux ans. Un soir, je n’arrivais pas à dormir et je suis sortie du dortoir. Je ne vais pas te raconter ma vie, je doute que ça t’intéresse, mais je suis sortie du château et je suis allée visiter la forêt interdite. C’est là que je l’ai rencontré. Nous n’avons pas discuté très longtemps, Rogue m’avait vue sortir, il ma ramenée et punie, fin de l’histoire. Je suppose qu’il se souvient de cet épisode, Rogue n’est pas tellement discret et ne s’est pas privé de me hurler dessus en braillant des choses comme « Miss McBrien, vous rendez-vous compte ? »…

Elle avait dit tout ça d’une traite et d’une voix qui se voulait neutre. Torin l’avait un peu impressionnée, il ne fallait pas mentir et elle ne doutait pas qu’il put être dangereux s’il le souhaitait. Elle espérait qu’Aïlin encaisserait la nouvelle sans trop de peine et ne la jugerait pas totalement immature et inconsciente à cause de ça. Sur le moment, il était certain qu’elle s’était montrée idiote, qu’elle n’avait pas réfléchi. Aujourd’hui, elle ne referait pas une chose pareille, elle savait que l’endroit n’était pas seulement peuplé d’arbres paisibles et que certaines créatures n’hésiteraient pas à lui ôter la vie si elle croisait leur route. Un vague sourire ironique étira ses lèvres fines et … bleues…

_ Il avait raison, je ne me rendais pas compte…j’étais curieuse…

Ne souhaitant pas s’étaler plus que ça sur ses erreurs passées quoi que très instructives, ne dit-on pas que l’on apprend de ses erreurs, Clarisse se concentra sur les dernières paroles prononcées par le garçon. Son sang bouillonna lorsqu’elle l’entendit dire qu’il allait lui effacer la mémoire, était-ce des manières ça ?! De quel droit pouvait-il agir ainsi ?! Si c’est ce qu’il comptait vraiment faire, il trouverait à qui répondre. Elle n’allait pas lui faciliter la tâche. Elle se força pourtant à rester calme et impassible, et la suite lui donna raison. Il avait renoncé à son projet idiot et c’était tant mieux. Elle lui lança un bref regard de remerciement.

_ Je suis prête à entendre toute la vérité.

La déclaration lui sembla un peu trop solennelle, mais elle ne savait pas quoi ajouter…
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MessageSujet: Re: Les mois se sont écoulés [Terminé]   Les mois se sont écoulés [Terminé] EmptyDim 19 Avr - 11:53:24

Aïlin s'était attendu à une réaction de surprise sinon de crainte de la part de la Miss McBrien, lorsqu'il lui révéla que son frère aîné, un mangemort, connaissait son identité et n'avait pas manqué de le faire savoir au puîné, mais en réalité ce fut lui qui fut surprit. En effet, il ne trouva pas devant elle une jeune fille bouleversée mais au contraire, une demoiselle dont un éclat de culpabilité se mit soudain à briller au fond de ses yeux. Elle eu soudainement l'aspect d'une personne qui n'était pas étrangère à la nouvelle, bien qu'elle semblait faire tout son possible pour rester aussi calme qu'elle l'avait jusqu'alors été. Aïlin comprit vite la raison de ce changement qui, aussi infime était-il, était surprenant. Elle avait déjà rencontré Torin Bower, dans la forêt interdite. Merlin pouvait-il lui expliquer pourquoi Clarisse McBrien avait décidé, un beau soir, de mettre les pieds dans la forêt interdite ?! Un grondement de colère submergea ses entrailles, fit un tour avec son sang, et ressurgit de plus belle lorsque le nom de Rogue fut prononcé. Comment un professeur aussi averti que Severus Rogue pouvait se comporter d'une façon aussi stupide devant un potentiel mangemort ?! Révéler à qui voulait bien l'entendre le nom d'une élève qui aurait été totalement incapable de se défendre, si l'envie avait prit à l'aîné Bower de lui infliger quelques supplices de son cru, si ça n'était de la mettre à mort ?
La raison était simple... Torin était un ancien Serpentard connu pour sa brillante réussite scolaire. Il avait certainement fait la plus grande fierté du directeur des Serpentard et... comment pouvait-il s'imaginer aujourd'hui ce qu'il était devenu ? Cela aurait été tout bonnement impossible à deviner pour une personne extérieur, Torin jouait si habilement avec les nombreux masques qu'il se devait de porter...
Soudainement très pâle, Aïlin se détourna de Clarisse afin de ne lui offrir que son profil. Il ne voulait pas qu'elle voit la flamme qui s'était allumée au fond de ses yeux d'océan, les remous qui agitaient ses pupilles avec la violence d'une bourrasque en pleine mer. Ses colères étaient devenues difficilement contrôlables, depuis que... Il inspira profondément par le nez, retint sa respiration quelques secondes, et libéra le souffle qui gonflait ses poumons, avant de répondre d'une voix rauque.

« J'espère que tu te rends compte maintenant. Aujourd'hui si tu fais cela, tu risquerais bien pire qu'une punition de Rogue. »


Même à cette époque, elle avait énormément risqué. Car si Torin n'aurait jamais été assez bête pour donner la mort dans l'enceinte du château, il n'aurait pas eu de remords à faire subir les pires sortilèges à Clarisse, à la torturer jusqu'à ce qu'elle demande elle même la mort. Son coeur, à cette pensée funeste, s'accéléra dans sa poitrine.

« Torin Bower n'aurait pas hésité à te torturer, si il en avait eu l'envie. Et l'envie serait certainement arrivée très vite s'il avait eu une bonne raison et lorsque j'étais avec toi, il en avait une. »

Lui qui ne la regardait plus se tourna finalement pour se trouver à nouveau face à face avec elle. Son regard était noir, insondable. Plus aucune crispation sur ses traits ne révélait la colère que la crainte avait engendrée, et la noirceur de ses yeux avaient plus l'aspect d'un sombre présage plutôt que d'un regard de remontrances.

« Après ce que j'avais vécu et fait vivre à ma soeur sous l'effet de l'imperium que m'avait jeté mon père, je t'ai dit que je voulais rester près de toi. »

Les derniers mots avaient été difficiles à prononcer, son ventre avait eu un drôle de mouvement, mais Aïlin faisait fi de son malaise passager.

« Mais à la dernière sortie de Pré-au-lard avant Noël de cette année là, j'ai vu Lynn se faire embarquer par Torin, qui s'apprêtait à transplaner. J'ai courut aussi vite que je le pouvais et j'ai réussit à attraper sa cape au moment même où il transplanait. Je me suis retrouvé devant mon père. La dernière fois que je l'avais vu, il m'avait battu, et avait donné l'ordre à mon frère Ultan de prendre la suite jusqu'à ce que je crie pitié. Ça a duré fort longtemps, car je n'ai jamais supplié. Je préfère te passer les détails sur l'état dans lequel je me trouvais après cette... correction. »
Seul un froncement de sourcil incontrôlé avisa Clarisse de la souffrance que ce souvenir évoqué lui coûtait.
« Après cela, Torin a utilisé un pouvoir que l'on appelle la Legilimencie contre moi. Il a vu tout ce qu'il voulait savoir sur moi et mes souvenirs, comme s'il y était. Il était entré dans ma propre tête. Il avait beaucoup de choses que j'avais caché à mon père et à mes frères concernant Lynn, que j'avais interdiction de côtoyer parce que... parce qu'elle est une fille. Le fait d'en être une, chez les Bower, signifie avoir un statut encore plus déplorable que celui d'un elfe de maison. Et il a sut aussi ce qu'il s'était passé entre nous. »

Un long silence l'arrêta. Il n'arrivait pas à croire qu'il était en train de dire tout cela, de se mettre aussi fermement en danger et Clarisse avec lui. Mais elle voulait savoir, elle saurait. Elle le jugerait après cela. Après tout, à partir du moment où il avait prit sa décision sur le terrain de Quidditch, il s'était prédestiné à cet instant, il avait fait le choix sans qu'à l'époque il le sache encore. C'était aujourd'hui qu'il ne l'avait plus. Il lui devait, et il se le devait aussi. Parler de cela le mettait dans un état de colère froide particulièrement suffocante, mais en même temps de cela, une joie féroce lui agrippait les entrailles à dire tout cela à voix haute et intelligible. Confession, revanche, aveux ? Aïlin ne mettait pas de nom sur ce qu'il était en train de faire, et ne pensait même pas à le faire.


« Déjà à cette époque j'aurais dû tout arrêter tant qu'il en était encore temps. J'aurais dû profiter du fait que je t'avais certainement blessé en agissant mal sous l'imperium pour ne plus te revoir. »

Ses paroles étaient cruelles, il le savait, mais il ne fit même pas mine de s'en excuser. C'était ce qu'il pensait, ça n'était rien que la vérité.
« Mais est venu ce fameux jour de Noël, où Torin a enlevé Lynn en plein Pré-au-Lard. Ce jour là, pour la première fois depuis qu'il m'avait tabassé, je revoyais et affrontais mon mangemort de père. »

La suite était trop dure à dire. Il ne pouvait pas, et il pouvait encore moins dire la suite en se protégeant sans mentir à Clarisse. Il s'arrêta, la gorge serré, puis murmura d'une voix sourde et basse.

« J'ai apprit beaucoup de choses ce soir là, sur les agissements de mon père, de mon frère, et sur moi-même... C'est depuis ce jour que j'ai décidé de te rayer de mon existence. Pour ne pas risquer de te faire du mal. Qui plus est, les rumeurs qui se sont mise à circuler sur mon dos au lendemain de ce soir là était un fardeau que je me devais de supporter seul. »
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MessageSujet: Re: Les mois se sont écoulés [Terminé]   Les mois se sont écoulés [Terminé] EmptyDim 19 Avr - 14:28:00

Alors qu’elle expliquait au garçon les circonstances dans lesquelles elle avait rencontré son frère aîné, le ténébreux Torin, ce dernier eut un comportement étrange. Il se tourna, de façon à ce que Clarisse ne voit pas son visage et pourtant cette dernière n’eut aucun mal à imaginer les flammes qui avaient assaillit ses yeux et la rage qui faisait légèrement trembler son corps. Aïlin était furieux, elle le sentit sans peine et pourtant elle continua à égrener son histoire. Il avait droit à une réponse, même si cette dernière lui déplaisait. Et non, il ne connaissait pas Clarisse McBrien aussi bien qu’il le pensait. Elle l’entendait déjà lui hurler qu’elle s’était comportée comme une idiote, une inconsciente, comme ces filles sans cervelles auxquelles la rousse ne voulait pas ressembler. Elle avait fait une erreur, aucun doute là-dessus, mais cette erreur de parcours lui avait été profitable. La Serdaigle n’était pas stupide au point de renouveler ce genre d’expérience, du moins pas avant d’être en mesure de se défendre seule.

Après quelques courtes secondes de silence, le brun expira bruyamment, probablement pour évacuer ce qui bouillonnait en lui. Et comme la jeune fille s’y attendait il lui reprocha son attitude puérile datant de deux ans. Quelque chose en elle aurait aimé répliquer, pourtant elle resta muette, attendant une suite qui n’allait pas tarder. En effet, Aïlin lui assena une nouvelle phrase, lui disant que son frère était tout à fait le genre à tuer et torturer les gens pour s’amuser. Sympathique comme famille, entre le père qui prend ses enfants pour ses valets, l’aîné qui trouve distrayant de torturer les gens à mort, le suivant qui aime tabasser les autres jeunes de son âge et… Aïlin et Lynn. Quoi qu’il ne restait guère plus qu’Aïlin.

Le jeune homme décida finalement de lui faire face de nouveau. C’est sans surprise que Clarisse constata qu’il se maîtrisait. Toute trace de colère avait été soigneusement gommée de ses traits mais la Serdaigle savait que ce n’était qu’une apparence. Aïlin lui fit une nouvelle fois penser à Sayannel, masquant ses émotions du mieux qu’il le pouvait. Tout dissimuler, ne rien laisser paraître. Elle-même avait tendu bien malgré elle vers ce genre de comportement pendant des mois et aujourd’hui, elle essayait de retrouver un peu de spontanéité auprès de personnes qu’elle appréciait et qui elles étaient justement très spontanées. Pissenlit était même le meilleur exemple du genre. Mais sans en arriver à de pareilles extrémités, sourire une fois de temps en temps ne faisait de mal à personne. La jeune fille écouta donc patiemment le reste des paroles d’Aïlin. Patiemment, elle l’entendit évoquer les brutalités répétitives de son père envers Lynn puis envers lui, ce que Torin lui avait fait subir, la légilimencie était une chose absolument terrible à vivre, elle le savait même si elle n’en avait pas fait l’expérience. Puis il parla du Noël qui fut fatal à son père…

La rouquine pâlit encore. Elle avait toujours su que ce n’était pas la joie chez les Bower, que Lynn avait des bleus qu’elle ne devait pas à des chutes accidentelles et qu’Aïlin tentait de protéger la chétive brune de son mieux, mais c’est seulement à cet instant qu’elle saisit toute l’étendue des dégâts et la profondeur du mal qui avait été fait. Elle n’était pas stupide, loin s’en faut. Elle comprit aussi que certaines rumeurs à propos du beau brun n’étaient pas seulement des rumeurs mais des vérités que tout Poudlard entendait derrière une apparence calomnieuse. Contre toute attente, elle ne s’enfuit pas en courant, ne prit pas un air horrifié. Elle resta simplement là, puisqu’on ne pouvait pas changer le passer, il fallait l’accepter. La bleue et bronze était contente de connaître la vérité, même si cette dernière .. n’était pas particulièrement reluisante. Néanmoins…


_ C’est toi n’est-ce pas.

Ce n’était pas une question. Il n’y avait dans sa voix ni pitié ni tristesse. En lui faisant faire ça, Torin qu’elle soupçonnait fortement d’avoir provoqué la chose avait son jeune frère entièrement à sa merci. Il s’était lui-même coupé de tout et de tous, trop honteux de ses actes pour affronter les regards de ses amis et puis ça donnait à Torin un nouveau moyen de pression sur lui S’il ne faisait pas ce qu’il lui demandait, il s’arrangerait pour que quelqu’un de bien placé au ministère apprenne la vérité et fasse enfermer le beau brun. Sa situation n’était pas brillante du tout. La jeune McBrien quant à elle pensait qu’on aurait plutôt dû lui décerner une médaille d’honneur pour avoir envoyé au tapis une pourriture pareille. Un éclair de fierté traversa ses yeux. Elle détourna le regard. Inutile qu’il voit ce qu’elle en pensait. Son avis n’avait de toute façon aucune valeur pour lui alors à quoi bon ?

_ Tu n’as pas à en avoir honte. Ce n’est pas un acte anodin, je le sais, mais si tu n’étais pas intervenu, tu serais peut être à sa place aujourd’hui.

Et rien qu’à cette idée, son estomac se retourna dans son ventre, effectuant une figure désagréable. Elle eut soudain la nausée. Imaginer ce beau visage en putréfaction avec des larves qui le dévorait, c’était horrible, bien que doué d’un intérêt purement scientifique. Elle tenta de se convaincre que cette vision morbide lui tordait les entrailles mais au fond de son cœur, elle savait bien qu’il s’agissait de tout autre chose, qu’elle ne voulait pas s’avouer. Quand elle le fréquentait, elle n’avait pas pris la pleine mesure du danger qui pesait sur la tête d’Aïlin. A présent si et ses membres en tremblaient . Et son cœur palpitait. Reportant son regard sur le jeune homme, elle préféra parler, espérant que ça l’aiderait à se contrôler.

_ Je ne te juge pas, et ce n’est pas moi qui te jetterai la pierre. Je ne dirai rien, si tu veux en être certain, je peux prêter serment.... un serment sorcier.

Le genre de chose qui engageait sa vie si jamais elle le rompait. La quatrième année n’était pas certaine de connaître la formule, mais nul doute qu’elle n’était pas ignorée du garçon. Il en savait un rayon, il l’avait montré au début de leur entretient particulier. Entretient qui lui semblait toucher à sa fin, malheureusement. Mais il ne fallait pas rêver, maintenant qu’il lui avait dit ce qu’elle voulait entendre et qu’il n’y avait plus rien à apprendre, il ne souhaiterait pas rester avec elle et couperait court. Dommage, cette part d’elle-même qui palpitait à chacune de paroles du brun aurait bien aimé partager une discussion plus légère avec lui. Le hic c’est qu’elle n’avait rien à dire susceptible d’intéresser l’aiglon. Elle pria donc pour que le sujet ne soit pas encore épuisé, pour qu’Aïlin n’ai pas encore irrémédiablement changé, changé pour devenir comme eux, comme ceux qui l’avaient persécutés.

_ Je te remercie de m’avoir répondu. Tu sais, les rumeurs s’épuisent vite et si elles sont rumeurs c’est que personne n’est en mesure de dire la vérité. C’est.. gentil de ta part de t’être inquiété pour moi, vraiment…mais il y a encore une chose que je ne m’explique pas…

Tant pis, elle allait rouvrir la plaie, mais il fallait qu’il reste, encore un peu… puisque de toute façon elle allait souffrir le soir, dans son lit, qu’elle allait pleurer, autant en profiter un maximum pendant qu’elle le pouvait. Aïlin ne se laisserait probablement pas approcher de nouveau avant longtemps. Elle baissa la tête, pas certaine de vouloir vraiment savoir.

_ .. pourquoi ne pas m’avoir simplement dit que tu ne m’aimais plus puisque c’est le cas ? ça t’aurais épargné de devoir trouver une excuse puis cette discussion que nous avons eue aujourd’hui et que je devine pénible pour toi. Ce qui t’est arrivé est terrible…

Sa voix qui avait tenu le coup jusque là vacilla sur le dernier mot.
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MessageSujet: Re: Les mois se sont écoulés [Terminé]   Les mois se sont écoulés [Terminé] EmptyDim 19 Avr - 15:48:49

« C'est toi n'est-ce pas. »

Le regard du Serdaigle s'assombrit tant que l'on aurait put croire que ses yeux venaient de virer du bleu au noir. Oui, c'était lui, mais comment pouvait-il le dire ainsi, aussi ouvertement, avouer un crime et risquer de se retrouver pour le reste de sa vie à Azkaban ? Le fait que son père ait été un mangemort n'allègerait pas sa peine, surtout pas dans les circonstances actuelles. Il risquait énormément. Il suffisait que Clarisse ait cherché de le piéger pour lui tirer des aveux, qu'il ne se méfie pas et qu'elle... Non, Clarisse n'était pas comme ça, mais comment Aïlin pouvait-il s'empêcher de devenir paranoïaque après tous les ennemis qu'il avait sut se faire en un temps record, rien qu'en cherchant à prêcher le bien ? Il n'osait même pas imaginer ce que cela donnerait, si preuve était faite de sa culpabilité. Sa vie qui n'était déjà pas glorieuse serait définitivement achevée, fichue, bonne à jeter aux ordures.
Pendant que le bleu et bronze pensait à tout cela Clarisse avait reprit la parole, et ce qu'elle lui dit le surprit grandement. Comment parvenait-elle à rester aussi calme après tout ce qu'il venait de lui avouer ? Certes, elle paraissait moins assurée que quelques minutes auparavant, mais Aïlin s'était rendu compte qu'il s'était définitivement trompé sur elle. Elle l'incitait à assumer son acte et insinuait qu'il avait préservé sa propre vie en éliminant celle d'un autre. Le jeune homme avait peine à en croire ses oreilles. Il jaugeait McBrien d'un regard incrédule en se demandant si la jeune fille n'allait pas à un moment donné, perdre son sang-froid et s'enfuir en le traitant finalement de fou. Pour Aïlin, ce meurtre n'était ni une libération, ni de la légitime défense. Un crime était un crime. Il avait tué, peu importait que la victime ait été innocente ou mouillée jusqu'à la pointe des cheveux dans les plus sombres affaires : Aïlin avait sacrifié son innocence, et vivait désormais avec la mort d'un homme sur la conscience. Clarisse se rendait-elle compte de tous les changements que cela avait opéré en lui ? Imaginait-elle à quel point ce geste qu'elle excusait avait bouleversé sa vie ? Non, c'était impossible. Depuis ce jour là, il n'avait plus jamais été le même. Il n'avait pas encore fait le deuil de son innocence, et ne savait pas si aujourd'hui, il était plus soulagée de la mort de Devin que de le savoir en vie. Certes, les choses s'étaient arrangées... En partie, pour Lynn, si on considérait que se retrouver à jouer la mère moldue au manoir des Bower représentait une vie extraordinaire.
De nouvelles paroles prononcées par la jeune Serdaigle fit redoubler d'effort la machine intellectuelle qui roulait déjà à tambours battants dans le crâne du cadet Bower. Elle lui proposait maintenant un serment inviolable... Le cœur d'Aïlin rata un battement. Ce serait l'unique moyen – si l'on excluait la perte de mémoire – de se protéger des mots qui pourraient s'échapper de la bouche de Clarisse. Il y avait un « mais » : si Clarisse se révélait, un jour, pour l'on ne savait quelle raison, contrainte à parler, ce simple geste lui coûterait la mort. Comment pouvait-il prendre un tel engagement vis-à-vis d'elle ? Bien sûr, si elle allait l'accuser, la mort aurait été une peine bien illusoire à côté de ce que le jeune homme pourrait vivre mais...
Son regard à l'expression figée s'attarda un long moment sur Clarisse, sur les traits de son visage, son cou, ses yeux et ses lèvres. Tout en elle avait gagné en maturité depuis l'année précédente. Il lui faisait déjà confiance à cette époque, il la sentait toujours aussi sincère aujourd'hui. Prêter serment les lierait tous deux à jamais. Il serait au dessus de son jolie crâne roux une énorme épée de Damoclès qui risquerait de s'abattre au moindre faux pas, comme elle l'était pour lui. Au fond de lui, une petite voix mesquine lui susurra que l'expérience était très tentante, mais il la refoula sans ménagement.
A force de réfléchir, le silence c'était trop éternisé et Clarisse avait déjà reprit la parole, sans permettre au bleu et bronze de répondre à sa proposition. Elle le remercia, Aïlin haussa vaguement les épaules pour toute réponse, gêné. Qu'aurait-il put dire ? « De rien » ? Il venait de lui remettre une part de sa vie entre les mains, juste par soucis de sincérité. Si en ce moment même, il comprenait pourquoi il n'avait définitivement pas été envoyé à Serpentard, le jour de sa rentrée en première année, il commençait à se demander si le Choixpeau avait juste eu pitié en l'envoyant à Serdaigle plutôt qu'à Gryffondor. Il ne pouvait s'empêcher de jouer les « cœurs vaillants », apparemment ! Et il le regrettait à présent en même temps qu'il en était soulagé, sa conscience à présent tranquillisée, sur un détail certes, mais pour la première fois depuis longtemps.

« Il y encore une autre chose que je ne m'explique pas... »
Le nœud dans le ventre d'Aïlin se resserra à nouveau, et il attendit, un peu raidit, la question de Clarisse. Sa pomme d'Adam tressauta lorsqu'elle lui parvint aux oreilles. Que cherchait-elle là ? A lui faire dire quelque chose qu'il ne voulait pas lui dire ? Qu'il ne pensait plus, d'ailleurs, du moins le supposait-il ? Ou voulait-elle confirmation, au cas où le doute persistait chez elle...? Non, elle ne pouvait plus avoir de sentiments pour lui, après tout ce temps... Surtout après la façon dont il s'était comporté. Que pouvait-il répondre à une telle question...? Acculé au pied du mur, le regard du jeune Bower s'évada quelque part à sa gauche, avant de murmurer :

« Qui t'as dit que cela avait été le cas...? »
La tentation de ne pas ajouter de manifestation du passée avec plus d'évidence dans la phrase était devenue redoutablement tentante. Il craignait qu'elle comprenne qu'il puisse encore avoir « quelque chose » pour elle, tout comme il craignait l'inverse. Qu'était-ce donc que ce fouillis sans nom dans ses désirs et ses pensées ? Prenant son courage à deux mains, il ajouta d'une voix qui se voulait plus légère mais qui sonnait irrémédiablement faux, le coeur serré :
« A l'époque, du moins. »
Aïlin espérait de tout coeur que la Serdaigle ne ressente aujourd'hui plus rien, chose dont il n'était on ne peut moins sûr, malgré les élans non dénués de bon sens de sa raison qui lui disaient que c'était impossible. Autrement cette phrase risquait d'être extrêmement blessante. Mais aujourd'hui, si le choix s'offrait à lui à nouveau, il préférait ne pas réitérer les mêmes erreurs. C'était tout à coup incroyablement dur de tenir, si bien qu'il ne regardait plus la jolie rousse dans les yeux, mais quelque part au-dessus de sa tête.

« Tu étais sérieuse pour le serment inviolable, n'est-ce pas ? ...Je ne peux pas te forcer à commettre un tel acte qui nous engagerait toi et moi toute notre vie... Imagines que tu sois un jour livrée à la torture pour « x » raisons, je ne supporterais pas de savoir que, prise au piège, tu aies sacrifié ta vie en tentant de te préserver de la souffrance. »
Mais d'un autre côté....
« D'un autre côté, si notre serment se « sait »... Tu risque d'être plus en sécurité, car révéler mes secrets ne t'apporterait pas la vie sauve... »

Oui, Aïlin partait vers les plus folles circonstances, et un esprit quelque peu calculateur s'éveillait quand il se laissait prendre par le tourbillon infernal de ses spéculations, mais un esprit tourmenté comme le sien finissait par penser à toutes les éventualités et même les plus délirantes. Si Torin voyait par légilimencie le serment inviolable de Clarisse, il saurait alors que les deux hommes – spécialement Aïlin finalement, puisqu'il n'avait dans son discours accusé de rien son aîné, ou presque – étaient en sécurité. S'il refusait le serment que Torin le voyait, il n'osait imaginer la suite des évènements. Pour lui d'abord, et peut-être après pour elle...

« Ça m'étonnerait que tu aie envie de devoir te lier à moi pour la vie, n'est-ce pas ? Mais je crois que nous n'avons tous les deux plus le choix : c'est une bonne idée, finalement. »
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MessageSujet: Re: Les mois se sont écoulés [Terminé]   Les mois se sont écoulés [Terminé] EmptyDim 19 Avr - 17:23:32

Comment ça qui lui avait dit ? Mais il débarquait lui ou quoi ?Il lui avait dit lui-même, le soir ou il l’avait laissée tomber. Comment ça non ? Déstabilisée, Clarisse ne savait plus quoi dire, faire et penser. En y réfléchissant bien, non il ne lui avait jamais clairement dit « je ne t’aime plus ». Se pourrait-il que les paroles incohérentes qu’il lui avait servies étaient en réalité une ébauche de vérité ? Etait-il possible que le jeune homme ait subi de telles menaces qu’il ait préféré mettre un terme à leur relation ? Si c’était le cas, comme la bleue et bronze était dangereusement prêt de le croire, alors…mais non ! Elle ne devait pas espérer, elle se l’était pourtant promis ne plus jamais espérer pour ne plus jamais souffrir. Ce n’était pourtant pas compliqué ! Malheureusement, il était trop tard, l’espoir s’était insinué en elle depuis le début de leur conversation. D’abord léger et sans importance, il avait grossit dans son esprit sans qu’elle n’y prête attention, trop concentrée alors par les révélations du garçon. Mais voilà qu’à présent elle espérait, une chose terrible, elle espérait que peut être, Aïlin éprouve encore quelque chose pour elle…

Lorsqu’il ajouta d’une voix légère que s’il ne l’avais pas quitté pour cause de désamour, ce n’était plus vrai aujourd’hui. L’espoir est une chose perfide qui vous fait miroiter des trésors pour vous faire tomber dans les catacombes du malheur ensuite. Clarisse ressentit comme un coup dans son estomac en même temps qu’un coup de poignard en plein cœur. Mais pourquoi avait-elle espéré aussi ? Pourquoi avait-il fallu qu’elle se laisse ainsi aller ? Essayant de ne rien laisser paraître, la rouquine dû retenir sa respiration l’espace de quelques secondes, le temps nécessaire pour se contrôler et ne pas hurler comme une démente. Aïlin avait de toute façon détourné la tête et ne la regardait pas. La goutte d’eau qui perla au coin de l’œil de la rouquine lui échappa donc certainement. Se détournant, elle s’accroupit au bord de l’eau, et fit mine de nettoyer l’encre qui maculait son visage avec un autre mouchoir.


_ Bien sûr…

Elle se frotta vigoureusement les joues, se maudissant intérieurement. Elle n’aurait pas dû, elle aurait mieux fait de rester couchée ce matin-là, de se casser une jambe dans les escaliers ou que sais-je ?! L’Ecossaise n’en voulait pas à Aïlin, elle se considérait responsable de ce regrettable incident. Elle écouta donc la suite des propos du garçon, en essuyant l’encre de son mieux, ce qui n’était pas rien puisqu’elle ne se voyait pas, en même temps qu’elle balayait les larmes qui avaient envahi ses yeux de glace. Heureusement, elle parvint rapidement à contenir son trouble et put se relever, sans rien laisser transparaître de ses émotions, du moins, l’espérait-elle. Le visage presque propre, elle acheva sa toilette improvisée à renfort de récurvites sur ses vêtements. Le tout très discrètement tandis qu’elle offrait un air attentif. Aucune parole que prononça le Serdaigle ne lui échappa. Elle l’entendit réfléchir à haute voix sur sa proposition. Il allait accepter, elle le savait, mais il avait besoin de se convaincre avant. Pour elle, c’était tout vu. Elle le ferait s’il était d’accord, bien qu’elle sache par avance qu’il s’agissait probablement d’une erreur. Enfin d’un autre côté, Aïlin avait raison, ainsi elle était protégée de Torin…
Ce qu’elle en avait à fiche de Torin ! Son propre décès ne l’inquiétait en effet pas beaucoup. Ça viendrait quand ça viendrait et elle ne voulait pas y penser à l’avance.

Et puis il finit par accepter, ayant visiblement vaincu les résistances internes qui s’opposaient à cela, reconnaissant que la rousse avait eu la une bonne idée, pour citer ses mots. Eh bien ce n’était pas mal, elle était passée du stade d’inconsciente quelques minutes plus tôt avec son escapade nocturne au stade de jeune fille pas totalement idiote. Si ce n’était pas un avancement dans la hiérarchie je ne m’y connais pas. Lorsqu’il se tut enfin, lui laissant la parole, la quatrième année ne savait qu’ajouter. Tout avait été dit, il ne restait qu’à passer à l’acte. Tout, ou presque.


_ Nous sommes déjà liés Aïlin, que tu le veuilles ou non, ce serment ne représente pas grand chose de plus que ce qui est déjà.

Il ne fallait pas s’y tromper, elle faisait seulement allusion au fait qu’il appartenait à son passé et que par conséquent ils partageaient les mêmes souvenirs. Quant au fait qu’elle ait envie de se lier avec lui pour le reste de sa vie, elle préféra le passer sous silence. Elle n’avait pas envie de formuler la réponse, pas même en pensées. Trop douloureux. L’aiglonne se concentra donc sur le serment, cherchant dans ses souvenirs le mode opératoire. Si elle n’était pas devenue amnésique depuis qu’elle était tombée sur Aïlin, il fallait être trois, or ils n’étaient que deux. Ils pouvaient toujours tenter le coup à deux seulement mais le sortilège risquait de ne pas fonctionner et la Serdaigle n’avait pas spécialement envie de vérifier si l’affaire avait été rondement menée ou non. Sa mort ne l’inquiétait pas mais elle n’était pas pour autant suicidaire et ne prévoyait pas de provoquer son propre trépas dans un avenir proche. Et il y avait encore le problème de la formule. Il lui était impossible de s’en souvenir.

_ Je connais la façon de procéder mais… pas la formule.. et… il faut être trois.

Un peu gênée, Clarisse espérait qu’il ne la ferait pas revenir plus tard, quand il aurait trouvé un enchaîneur de confiance. Elle n’avait à présent plus qu’une envie, que ça se fasse vite, elle n’aurait pas la force de le revoir une autre fois en sachant tout cela, en sachant qu’ils devraient rester main dans la main quelques minutes, pendant que l’enchaîneur procéderait. Ce serait beaucoup trop dur si elle devait y penser, il valait mieux que ça arrive pendant qu’elle était encore dans le feu de l’action, pendant qu’elle n’avait pas eu le temps d’entrevoir toutes les conséquences, pendant qu’elle n’avait pas encore passé une nuit blanche à pleurer dans son lit en essayant de faire le moins de bruit possible pour ne pas éveiller ses compagnes de dortoir.

_ Tu connais la formule ? Je suppose que tu souhaites le faire le plus rapidement possible… si tu as une idée, je ne vois pas comment faire, ni qui accepterait de servir d’enchaîneur…

Priant pour que le jeune homme possède une réponse pour chaque question, elle se tourna vers lui, attendant sa réaction. La vie n’était pas facile, et ce n’était que le début. Elle sentait qu’elle aurait du ajouter quelque chose mais les mots ne lui venaient pas. Peut être le silence était-il plus approprié. Aïlin lui avait clairement fait comprendre qu’il n’avait plus rien à lu dire et que de toute façon il n’en avait plus envie. A quoi bon s’acharner ? Inutile et douloureux. Alors elle se tut….

… à regret.
La coquille s'était refermée.
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  • Aïlin Bower
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MessageSujet: Re: Les mois se sont écoulés [Terminé]   Les mois se sont écoulés [Terminé] EmptyMar 21 Avr - 15:46:50

« Bien sûr... »
Aïlin préféré ne pas baisser à nouveau les yeux sur la jeune fille, il s'avait qu'autrement ses chances de tenir s'amoindrirait à vitesse grand V. Ses chances de tenir ? Non, il était passé à autre chose, depuis tout ce temps ! Ça n'avait été qu'une passade, mais s'il voyait la réaction que la phrase avait engendré sur la jeune McBrien, qu'il devinait avec un serrement au coeur au ton de sa voix, il ne pourrait s'empêcher de... De quoi exactement ? De la détromper ? Non, il ne savait pas ce qu'il aurait fait, mais il préféra ne pas y réfléchir davantage, il s'aventurerait autrement sur un terrain glissant.
Aïlin ne s'intéressa donc pas à son éloignement et ses ablutions auprès du lac, il ne la regardait toujours pas quand elle revint auprès de lui en nettoyant ses vêtements encore tâchés d'encre, il parlait seulement, concentré sur ce qu'il disait et sur rien d'autre. Mais... Clarisse parla. Les yeux du jeune homme se posèrent, troublés, sur elle. Que voulait-elle dire par là ? Sûrement, simplement, que ce qu'il avait confié à la jolie rousse les avait lié et que le serment qu'ils prononcerait ne ferait qu'officialiser cela. Alors, il n'y aurait plus rien d'autre entre eux que ce serment inaliénable, inaltérable, qui, brisé, causerait la mort ou l'enfermement, voir la torture, des deux jeunes gens. La mort pour Clarisse, irrémédiablement. Une angoisse profonde naquit dans les entrailles du jeune homme, mais elle avait fait son choix, et si lui l'avait eu, il aurait préféré cette menace là que celle de la torture ou d'Azkaban. Clarisse avait fait avait prit sa décision, il n'aurait juste pas à se tromper de mots pour sceller le Serment Inviolable. Il devait réfléchir à la meilleure façon de l'organiser, à un enchaîneur, à...
Clarisse posa les questions qui commençaient à le tarauder en même temps qu'il s'en réclamait lui-même des réponses, et Aïlin l'arrêta d'un geste doux dans sa direction, qui imposait néanmoins le silence.

« Non, Clarisse. Je ne souhaite pas faire ça rapidement. Un pareil sortilège ne se fait pas à la va vite, nous ne pouvons pas l'improviser comme ça, ni même immédiatement. Je sais peut-être qui pourrait nous servir d'enchaîneur, mais il faut que je la prépare, que je trouve l'endroit, que... »

Aïlin s'arrêta, poussa un léger soupir, et plongea son regard dans celui de McBrien.

« Il ne faut surtout pas prononcer le serment à la légère. La moindre erreur dans un mot pourrait te coûter la vie. Je m'en veux de t'imposer un tel fardeau... »

Il lui en avait déjà imposé bien trop, cela se lisait dans les yeux assombris de la jeune fille. L'espace d'un instant, l'attitude fière et neutre du jeune homme s'effaça, et une tendresse profonde apparut sur ses traits fins.

« Tout aurait été plus simple si... J'aurais dû te dire que je ne t'aimais plus, ça aurait été plus facile à supporter pour toi. Mais tu m'as posé la question et j'en ai marre de mentir. »


Ça n'était pas une vérité exacte. Aïlin pouvait parfaitement mentir comme il respirait, mais Clarisse avait été une personnalité trop importante dans sa vie pour qu'il parvienne à la berner sans aucun état d'âme. Peut-être finalement aurait-il dû le faire, pour le bien de la rousse et son bien propre, mais stupidement, il s'était aller aux pires confidences. Au moins, ce serait la dernière fois qu'il remettrait cela sur le tapis. Clarisse était définitivement fixé à son propos, au danger qu'elle courait en l'approchant, et le Serdaigle n'aurait plus qu'à lui laisser cicatriser sa plaie tandis qu'il penserait la ou plutôt les siennes.

« Je serais absent de l'école, le week-end prochain. Mais le suivant, il y aura une visite à Pré-au-lard de prévu. Je pense que se serait l'endroit idéal, loin des yeux indiscrets... Nous ne pouvons pas faire ça ici, à Poudlard. »

Le jeune homme joignit les mains, attendant l'approbation de Clarisse sans se douter de son désir de clore tout cela. Lui, de son côté, espérait que ses mains - rappelons-le - gantées, se trouveraient à nouveau présentables d'ici là. Encore fallait-il lui trouver le contre sortilège à la blessure magique, ce sans l'aide de Madame Pomfresh... Montrer dans quel état étaient ses mains en révèleraient beaucoup trop sur les pratiques du jeune Bower... Même si quelques professeurs commençaient sans doute à se questionner sur le camouflage constant des mains de Bower depuis les dernières vacances.
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MessageSujet: Re: Les mois se sont écoulés [Terminé]   Les mois se sont écoulés [Terminé] EmptyMar 21 Avr - 18:24:15

Contrairement à toute attente, le jeune homme ne semblait pas le moins du monde pressé d’en finir, pressé de faire ce satané serment inviolable après lequel Clarisse pourrait se suicider d’une simple parole. Avait-il seulement pensé à cet aspect de la chose ? Imaginer qu’un jour, la jolie demoiselle soit assez mal pour désirer quitter cette terre, comme certains s’amusaient à dire qu’elle l’avait déjà tenté, assez mal donc pour balancer le secret des Bower au premier auror venu et passer de vie à Trépas. Une élégante façon de mourir, en garce finie. Sauf que l’aiglonne était loin d’être une pourriture de la sorte et que cette vision de l’avenir ne lui effleura même pas l’esprit. De toute façon, elle n’avait pas du tout l’intention de mourir et encore moins de manquer à sa parole. Elle avait une assez haute idée de ce qu’était l’honneur et en aucun cas elle n’aurait souhaité entacher le sien. A moins qu’elle apprécie trop Aïlin pour faire une chose pareille, ce qui semblait beaucoup plus plausible.

Entendre son prénom prononcé par le beau brun, même dans des circonstances aussi froides fit frissonner la rousse malgré elle. Se forçant à penser que la faute en revenait à la brise légère et quasi inexistante qui balayait le lac, elle réarrangea sa cape autour d’elle. Le vêtement ample ne lui était malheureusement d’aucun secours pour ce genre de frisson et masquait mal la maigreur de l’adolescente perdue dans ses replis. Depuis huit moins, Clarisse qui n’avait jamais été ronde mangeait moins, et ça s’en ressentait sur sa silhouette bien qu’elle ne ressemble pas encore à un cadavre. Le garçon devait trouver l’endroit, qui servirait d’enchaîneur et prenait visiblement les choses en mains, ce qui arrangeait grandement la bleue et bonze. Moins elle aurait l’occasion de penser à ce qu’elle allait faire et moins elle y penserait. Enfin… ça c’était la théorie. Une pointe de jalousie perça son cœur lorsqu’elle perçut le « la » désignant qui allait les lier. Alors comme ça il fréquentait une autre fille ?! Pauvre Clarisse au cœur trop tendre. Aïlin n’avait donc pas perdu son temps, mettant à profit sa liberté retrouvée pour courtiser une autre demoiselle. Ces pensées sonnèrent étrangement creux dans l’esprit agité de l’Ecossaise et elle se les reprocha aussitôt. Voyons, Aïlin n’avait personne en vue et quand bien même il serait sorti avec tout Poudlard, ça ne la regardait plus. Elle tâcha donc de faire taire la voix de la jalousie qui grondait sourdement en elle, et si ce ne fut pas facile, elle arriva à la bâillonner à temps pour entendre le reste des paroles de son camarade. Il lui dit s’en vouloir de lui imposer un tel fardeau, puis que le tout aurait été moins compliqué et de beaucoup s’il lui avait simplement dit qu’il ne l’aimait plus. Le regard qu’i lui lança alors fit fondre la glace de ses yeux… et pour la première fois depuis le début de leur entretien, la rousse se laissa aller à une réaction totalement non contrôlée : elle lui sourit. Un sourire certes faiblard et timide mais un sourire vrai et qui pouvait être interprété de bien des manières.


_ Je ne prends pas ça du tout à la légère. Et cesse s’il te plait de penser que tu m’imposes quoi que ce soit. Ce n’est pas le cas, je suis assez grande pour savoir ce que fais. Je te remercie de t’inquiéter mais c’est vraiment inutile et s’il m’arrive quelque chose demain je te serai gré de ne pas penser que c’est de ta faute. Je préfère mille fois la vérité même si elle est dure à n’importe quel mensonge que tu aurais pu inventer pour me rendre les choses plus faciles. La vie est injuste, c’est comme ça, ne cherche pas à la changer, c’est à toi que tu vas faire le plus de mal.

Même si son cœur saignait, si elle était très déçue par beaucoup de choses, même si la coquille s’était refermée un peu plus tôt, la jeune fille avait fourni un gros effort pour se maîtriser et arriver à dire tout ça. Tout ce qui lui tenait à cœur. Elle ne voulait pas qu’il la prenne pour un être faible et idiot qui ne réfléchissait pas aux conséquences de ses actes et qu’il arrête d’avoir pitié d’elle et de se sentir responsable. D’accord sans lui elle n’en serait pas à faire un serment inviolable mais sans lui, elle n’aurait pas grandit à ce point et elle n’aurait pas non plus vécu certains moment parmi les meilleurs de sa vie. Elle sentit une bouffée de fierté l’envahir. Elle n’avait jamais imaginé être assez forte pour ce genre de conversation, assez forte pour ne pas se laisser aller. Même si une larme ou deux lui avaient échappé, ce moment de faiblesse était passé. Elle aurait tout le temps le soir pour pleurer, et sans témoin, sans qu’Aïlin ne la voit ni se doute de son chagrin.
Le Serdaigle lui annonça que le serment ne pourrait pas se faire aussi vite que le moineau l’avait escompté. Il ne serait pas là le prochain week-end pour une raison obscure que Clarisse n’eut pas l’impolitesse de soulever, mais en revanche, le suivant, une visite à Prés-Au-Lard était organisée et alors, ils pourraient procéder en toute impunité.


_ Je vois.

Elle voyait très bien en effet les longues nuits qui l’attendaient d’ici là, les nombreuses interrogations qui allaient tourmenter son esprit déjà perturbé. Mais elle n’avait pas envie d’y penser dès à présent. En deux semaines, elle ferait le tour de la question au moins dix fois alors ce n’était pas pressé de commencer. Eh bien voilà qui achevait leur conversation. C’était triste mais c’était comme ça et Clarisse ne voyait pas quoi ajouter pour retenir le Serdaigle, parce qu’il ne fallait pas se voiler la face, ce dernier allait au choix la quitter sur ces bonnes paroles ou bien lui demander de s’en aller. Etant arrivé le premier sur les lieux, la seconde option semblait la bonne. Néanmoins, la discussion n’était pas encore finie, la rousse avait besoin de quelques informations supplémentaires.

_ Nous nous retrouverons donc à Prés-Au-Lard. J’imagine que tu n’as pas encore décidé du lieu et de l’heure, ce qui est normal et dépendra aussi de ton amie. Fais le moi simplement savoir quand tu pourras. Ce n’est pas très pressé mais que je ne me retrouve pas à vous chercher dans tout le village le jour-J.

En évoquant Prés-Au-Lard, une foule de souvenirs lui revinrent en mémoire et une myriade d’étoiles vertes envahirent ses yeux, comme ce jour-là, avec Sayannel. L’homme lui avait fait découvrir un endroit magnifique, un endroit secret et sans qu’elle ne sache pourquoi, Clarisse ressentit l’envie de partager ce cadeau du ciel avec Aïlin. Cette pensée lui traversa l’esprit mais elle la chassa rapidement. Il n’y avait plus rien à dire et le garçon ne voulait de toute évidence pas renouer le contact avec elle, même s’il était purement amical. Ça resterait son secret avec Sayannel, quelque chose qu’ils seraient les seuls à connaître. Cette idée la charma tout de suite, évinçant la précédente avec une facilité déconcertante. Puis pensant que le temps était venu de partir, la jeune fille jeta un coup d’œil à ses livres soigneusement empilés près de l’arbre, un peu en arrière. Elle se retourna vers le jeune homme et planta son regard dans le sien. Les étoiles vertes avaient disparues, remplacées par une lueur plus intense.

_ Bon… eh bien.. je ne vais pas te déranger plus longtemps alors, et.. encore désolée de t’être tombée dessus. J’imagine que tu te serais bien passé de cette conversation.
Si tu me cherches, en dehors des cours, je serai là.


De la main elle désigna le bord du lac. Le deuxième sens de ses paroles ne lui apparut qu’une fois celles-ci prononcées. Mais qu’importe. Ce double sens était lui aussi valable, quoi qu’il arrive. Il pouvait compter sur elle et sur son silence. Et si l’envie lui prenait de la fréquenter de nouveau de façon amicale, elle serait heureuse de le compter parmi ses amis, même si au fond ce n’était pas ce genre d’affection qu’elle désirait venant de lui. S’interdisant de telles pensées, elle redescendit sur terre et s’apprêta à tourner les talons.
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MessageSujet: Re: Les mois se sont écoulés [Terminé]   Les mois se sont écoulés [Terminé] EmptyDim 26 Avr - 19:14:36

Ce qu'il allait devoir faire le contrariait. Il s'en voulait d'avoir lâchée une vérité trop lourde, même s'il sentait que son honnêteté s'en était sortie grandie et sa culpabilité allégée de ce poids là. Néanmoins, cette dernier avait écopé d'une autre charge bien plus lourde, en contrepartie et... Et Clarisse le coupa sur le chemin que son esprit commençait à prendre, à ce réflexe de chevalier servant qui souhaitait à tout prit prendre sur ses épaules le poids de la misère du monde. Il fallait qu'il arrête, vraiment. Pour son bien à lui. C'était en tout cas ce que venait de lui dire Clarisse et les yeux d'Aïlin s'assombrirent. Ça n'était pas par désapprobation ou par rejet des paroles de la demoiselle, mais au contraire parce qu'il était en train de réaliser ce penchant qu'il trouvait à présent particulièrement exécrable de vouloir protéger tout le monde. Il ne le pouvait pas, c'était à peine s'il pouvait se protéger lui-même. Bon, les gens devraient choisir, et assumer de le ou l'avoir fréquenté. C'était ainsi, et ce que Bower ignorait, c'était qu'il en était de même pour toutes les autres relations qu'un individu pouvait avoir, car irrémédiablement, on se trouvait influencé d'une manière ou d'une autre par une personne qui partageait une part de notre vie. Et on se trouvait exposé à diverses choses, qui dépassaient souvent notre imagination... Surtout dans un monde tel que celui des sorciers.
Aïlin n'en dit rien. Il le réalisait en silence, sans se rendre compte qu'il avait l'air ainsi de ne pas avoir prêté attention aux paroles de Clarisse, cela devenant d'autant plus flagrant qu'il reprit la parole pour spécifier son plan. Voilà comme il l'imaginait. Il convaincrait Emily de le servir d'enchaîneuse, trouverait un endroit discret afin d'éviter d'être interrompus durant le sortilège et une fois fait, il lancerait le sort d'oubliettes à Emily, qui ne pourrait lui en vouloir pour ça puisqu'il lui ferait tout oublier jusqu'à la requête qu'il lui aurait demandé. Ca n'était pas très fair-play vis-à-vis de la pauvre Emily, mais ça n'aurait pas été la première fois qu'Aïlin utiliserait le sortilège d'amnésie contre un autre sorcier... Il se rappela le temps d'un rapide éclair de conscience le jour où il avait utilisé le sort contre l'acariâtre Melle Pince, qui l'avait surprit à fouiller dans la réserve dans les pires rayons de magie noire, alors qu'il cherchait des renseignements sur l'Occlumencie.

Clarisse le rappela au monde réel en lui parlant de l'heure et du lieu du rendez-vous et le jeune Bower hocha la tête en retour.

« Non en effet, je n'ai pas encore réfléchit à tout cela. Mais quand ce sera fait et que notre potentielle enchaîneuse sera convaincue, tu en seras la première informée, par lettre si je n'arrive pas à te trouver dans Poudlard. »
La conversation devait se terminer là, sur des tons officiels qui se voulaient relâchées malgré la pression qui pesait sur les deux jeunes gens. Les deux se regardèrent, l'une des lueurs étranges au fond des yeux, l'autre sombre, noirci par le regret et une sorte d'amertume à devoir la laisser partir. Ce fut Clarisse qui finit par consentir à dire les aux revoir en première, prononçant une phrase mystérieuse qui alluma une lumière interrogatrice dans les deux océans bleus qu'étaient les yeux du jeune homme, avant qu'il ne comprenne qu'elle parlait du lac et de rien d'autre. Comment aurait-elle eut envie d'être là pour lui alors qu'il s'était lui même chargé de la repousser ? Raison et espoirs semblaient parfois être deux ennemis inconciliables...

« Crois-le ou non, je suis content d'avoir eu cette conversation avec toi. Et que tu m'aie écouté. »
Il se tut, la laissant se détourner mais à peine l'avait-elle fait qu'il murmura dans son dos, d'une voix claire cependant :
« Et merci pour ça, Clarisse. »

Puis, oubliant complètement le parchemin qu'il avait fait tombé quelques instants plus tôt et qui s'était certainement mêlé aux affaires de McBrien, Aïlin prononça un 'Finite Incantatem' afin de dissoudre le sortilège de protection qui les avait entouré, puis retourna en direction du château en rangeant sa baguette dans sa poche, décidé à oublier par une activité ou une autre la rencontre qu'il venait de faire et la conversation qu'il avait eu, afin de se reposer un peu l'esprit. Il aurait tout le reste des deux semaines à venir pour réfléchir à un plan d'attaque pour convaincre Emily de pratiquer un sort aussi dangereux que le Serment Inviolable...
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